Dans son tout récent rapport Croissance et emploi 2025, la Banque mondiale lance une mise en garde claire : la Mauritanie ne pourra atteindre son ambition de devenir un pays à revenu intermédiaire supérieur d’ici 2050 qu’en accélérant — de toute urgence — la diversification de son économie.
Le rapport note que la croissance économique a atteint 5,2 % en 2024, contre 6,4 % en 2023, un recul principalement dû à la baisse de la production extractive et au ralentissement de la consommation publique. Malgré cette décélération, les performances du pays demeurent supérieures à la moyenne régionale, grâce notamment à une inflation maîtrisée et à une gestion budgétaire prudente. Mais la Banque mondiale avertit : ces acquis restent fragiles et la croissance mauritanienne demeure exposée aux chocs extérieurs tant que les réformes structurelles tardent à se concrétiser.
Pour l’institution, l’avenir économique de la Mauritanie dépendra de sa capacité à élargir sa base productive, à réduire sa dépendance au secteur extractif et à stimuler la création d’emplois, alors que le taux de participation au marché du travail reste inférieur à 50 %. Le rapport identifie plusieurs secteurs stratégiques à fort potentiel — agriculture, pêche, énergies renouvelables, économie numérique — capables d’impulser une croissance durable et inclusive.
La Banque mondiale appelle également à renforcer le capital humain, à moderniser les infrastructures, à améliorer le cadre réglementaire et à dynamiser le secteur privé, considéré comme essentiel pour générer des emplois de qualité et soutenir l’innovation.
Un volet important du rapport concerne la protection sociale : l’institution recommande de consolider les programmes de transferts monétaires ciblés afin de mieux protéger les ménages vulnérables face aux chocs économiques et climatiques.
Pour les experts, la Mauritanie se trouve aujourd’hui à un tournant historique. Réformer ou stagner : tel est le choix pressant qui se présente au pays. La Banque mondiale se dit prête à accompagner les autorités mauritaniennes dans cette transformation, indispensable pour bâtir une économie plus inclusive, plus résiliente et plus durable.




