Dans une tribune publiée sur sa page personnelle, l’avocat mauritanien Mohamed Ould Moine exprime un profond malaise qu’il estime largement partagé au sein de l’opinion publique en Mauritanie. Selon lui, une partie importante de la population manifeste aujourd’hui un sentiment de rejet face à ce qu’il décrit comme une dégradation du niveau moral et politique du Premier ministre, Mokhtar Ould Diaye.

Dans son texte, l’avocat dénonce notamment ce qu’il considère comme un acharnement contre les petits revenus et les catégories sociales les plus fragiles, dans un contexte de crise économique difficile tant au niveau national qu’international. Il affirme que les mesures fiscales récemment appliquées pèseraient lourdement sur les plus modestes, tandis que certains acteurs économiques plus puissants seraient, selon lui, relativement épargnés.

Mohamed Ould Moine cite en exemple la pression fiscale exercée sur les vendeurs de points d’accès internet (hotspots), souvent exploités par de jeunes Mauritaniens confrontés au chômage. Selon lui, ces activités représentent pour beaucoup une alternative à l’émigration et un moyen de subsistance dans un contexte économique limité.

L’avocat souligne également que nombre de ces jeunes disposent de diplômes universitaires et ont choisi de rester dans leur pays malgré les difficultés économiques, préférant « la patience et la dignité » plutôt que de rechercher des faveurs auprès du pouvoir.

Dans sa tribune, Mohamed Ould Moine met en garde contre les conséquences politiques d’un mécontentement social croissant. Il évoque notamment l’exemple de la Tunisie, où l’humiliation d’un jeune vendeur ambulant, dont la charrette avait été détruite par une policière, avait contribué à déclencher une vague de protestation ayant abouti à la chute du régime de Zein Abidine Ben Ali.

Selon lui, cet épisode illustre la manière dont des événements apparemment mineurs peuvent provoquer des bouleversements politiques majeurs lorsque la frustration sociale est déjà profonde.

L’avocat s’interroge par ailleurs sur les motivations du Premier ministre et estime que la gestion actuelle pourrait alimenter une vague de mécontentement populaire.

En conclusion, Mohamed Ould Moine appelle au remplacement du chef du gouvernement et à la formation d’un gouvernement plus consensuel, chargé de mettre en œuvre la politique du président et de consolider un climat de respect et d’apaisement au sein de la société.

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