La Mauritanie a exprimé une vive protestation après des déclarations des autorités maliennes affirmant que deux soldats maliens, détenus par des groupes terroristes, se seraient échappés d’un camp de réfugiés situé sur le territoire mauritanien. Nouakchott dénonce des accusations « graves et infondées » et estime avoir fait preuve de patience face aux positions répétées de Bamako.
Dans un communiqué publié lundi 16 mars 2026, le ministère mauritanien des Affaires étrangères a fait part de sa « stupéfaction » et de son « indignation » après une annonce de l’état-major des Forces armées maliennes (FAMa). Celui-ci affirmait que deux militaires maliens, présentés comme des otages détenus par des groupes armés terroristes, auraient réussi à s’évader d’un camp de réfugiés en Mauritanie dans la nuit du 13 au 14 mars.
Selon Bamako, ces soldats, qui auraient été enlevés le 9 octobre 2025 alors qu’ils étaient en permission, auraient pu s’échapper grâce aux opérations menées par l’armée malienne près de la frontière avec la Mauritanie et dans la forêt du Wagadou.
Les autorités mauritaniennes rejettent catégoriquement ces affirmations, les qualifiant d’« accusations totalement infondées et profondément offensantes ». Nouakchott souligne que suggérer la présence de groupes terroristes détenant des personnes à l’intérieur d’un camp de réfugiés constitue une allégation particulièrement grave.
Bien que le communiqué malien ne mentionne pas le nom du camp concerné, les autorités mauritaniennes ont évoqué le camp de M’Berra, situé dans le sud-est du pays, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière malienne. Ce site, placé sous la supervision du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), accueille environ 160 000 réfugiés.
Dans sa réaction, la diplomatie mauritanienne a également laissé entendre que le pays a longtemps fait preuve de retenue face aux prises de position de Bamako. Nouakchott estime avoir supporté, durant une période prolongée, les « humeurs » et les déclarations jugées excessives des autorités maliennes dans un souci de préserver les relations de voisinage.
Tout en réaffirmant son attachement à des relations apaisées entre les deux pays, la Mauritanie a toutefois averti qu’elle se réserve le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre son image, sa souveraineté et la réputation de ses institutions.




