Lors d’une conférence de presse tenue ce samedi à son siège, le député Biram Dah Abeid a dressé un état des lieux de la situation sécuritaire dans la région du Sahel, qu’il a qualifiée de préoccupante. Il est également revenu sur la position de la Mauritanie dans son environnement régional, notamment vis-à-vis des pays du Maghreb, en particulier l’Algérie et le Maroc.
Abordant ensuite la situation intérieure du pays, le leader de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) a dénoncé ce qu’il considère comme un déficit de démocratie ainsi qu’un manque criant d’infrastructures de base. Selon lui, l’économie nationale est contrôlée par une poignée d’individus, tandis que la corruption continue de gangrener les institutions publiques.
Biram Dah Abeid a également critiqué les nominations administratives, estimant qu’elles ne reposent pas sur des critères objectifs. Il a dépeint une situation économique difficile pour une grande partie de la population, confrontée selon ses propos à l’absence de services essentiels tels que les soins de santé, l’éducation et l’électricité.
« Les citoyens peinent à joindre les deux bouts alors que les auteurs de détournements de deniers publics se pavanent dans les lieux saints », a-t-il déclaré, dénonçant ce qu’il considère comme une profonde injustice sociale.
Le député a par ailleurs mis en garde contre le retour du tribalisme et du régionalisme. Il a accusé l’État de mener une politique de division destinée, selon lui, à consolider son pouvoir. Revenant sur son parcours politique, il a rappelé qu’en 1992, les autorités avaient cherché à le diaboliser, tout comme elles l’avaient fait auparavant avec Messaoud Ould Boulkheir.
Biram Dah Abeid a affirmé avoir lui-même subi cette campagne de diabolisation, tout en soulignant sa détermination à poursuivre son combat politique. Il a insisté sur la nécessité de rassembler l’ensemble des composantes de la société mauritanienne afin d’atteindre les objectifs qu’il s’est fixés.
Le député a également évoqué les nombreuses visites qu’il effectue actuellement auprès de personnalités nationales de divers horizons. Selon lui, cette démarche vise à recueillir des avis, écouter les différentes sensibilités du pays et rechercher des propositions susceptibles de contribuer à la résolution des problèmes nationaux.
À l’issue de son intervention, la parole a été donnée à un groupe de jeunes originaires du Brakna ayant récemment rejoint son mouvement. Ces derniers ont exprimé leur satisfaction de se trouver au siège de l’IRA et ont expliqué avoir longtemps milité au sein du parti au pouvoir, INSAF. Après une période de réflexion, ils ont annoncé leur décision de quitter cette formation politique pour rejoindre Biram Dah Abeid, affirmant partager désormais sa vision et son projet politique.




