Dans un communiqué publié le 25 août 2026, le député et opposant Biram Dah Abeid estime que la récente crise électrique à Nouakchott dépasse largement le cadre d’un simple incident technique. Il appelle à la démission du gouvernement et réclame notamment une réduction exceptionnelle de 70 % des factures d’électricité pendant deux mois pour les usagers des zones affectées.
Selon lui, la visite du président de la République sur les sites de la SOMELEC touchés par les incendies, ainsi que l’annonce d’une enquête, ne sauraient constituer une réponse suffisante à une crise qui a privé d’électricité six des neuf communes de la capitale, en pleine période de fortes chaleurs.
Biram Dah Abeid souligne les conséquences de ces coupures sur les hôpitaux, les pharmacies, les commerces, les PME et les ménages. Il estime que les pertes subies par les citoyens et les entreprises, notamment celles liées à la conservation des médicaments et des denrées alimentaires, nécessitent une mesure immédiate de compensation de la part de l’État.
L’opposant met également en cause la capacité du gouvernement à anticiper et à gérer les crises. Il dénonce le contraste entre le discours officiel sur les réalisations des sept dernières années et les difficultés auxquelles les Mauritaniens sont confrontés au quotidien.
Il critique par ailleurs la gouvernance de la SOMELEC, évoquant des insuffisances en matière d’expertise technique, de formation, de maintenance et de capacité d’intervention. Il s’interroge notamment sur le recours à des intermédiaires dans l’acquisition d’équipements stratégiques et dénonce ce qu’il qualifie d’« intermédiation opaque » dans les marchés publics.
Le recours à l’expertise et à l’assistance de pays voisins constitue, selon lui, un autre révélateur des faiblesses du dispositif national. Biram Dah Abeid estime qu’une entreprise publique chargée d’un service aussi stratégique devrait disposer des compétences et des moyens nécessaires pour réagir rapidement à une panne majeure.
L’opposant exprime également ses réserves quant à l’enquête annoncée, dont il doute de l’indépendance et de la capacité à établir l’ensemble des responsabilités, depuis le dimensionnement des besoins et les procédures d’achat jusqu’à la fourniture, l’installation et la maintenance des équipements.
Il réitère, dans ce contexte, son appel à un audit complet et à une réforme profonde de la SOMELEC, portant notamment sur sa gouvernance, ses ressources humaines, sa formation, ses procédures d’achat, sa maintenance et ses capacités d’anticipation.
Pour Biram Dah Abeid, toutefois, la responsabilité ne saurait être imputée à la seule SOMELEC. Le gouvernement, rappelle-t-il, est responsable de la politique énergétique, de la gouvernance des entreprises publiques et de la qualité des marchés publics.
Estimant que la crise électrique constitue une « faillite retentissante » de l’action gouvernementale, il appelle finalement à la démission de l’équipe au pouvoir. « La Mauritanie a besoin d’un gouvernement compétent et présent », affirme-t-il, avant de conclure : « Ce gouvernement doit partir. »




