Mauritanie — Dans une publication sur sa page Facebook, Biram Ould Dah Ould Abeid reprend des chiffres attribués à la Banque mondiale sur les financements mobilisés en faveur de la Mauritanie ces dernières années et interpelle le gouvernement sur leur impact concret sur la vie des populations.
Selon les données de la Banque mondiale citées dans sa publication, quelque 1,64 milliard de dollars, soit près de 660 milliards d’anciennes ouguiyas, auraient été engagés en faveur de la Mauritanie entre 2019 et 2026. Sur cette même période, les financements mobilisés à travers 112 opérations auraient atteint environ 3,27 milliards de dollars, un volume présenté comme supérieur à celui reçu par le pays entre 1960 et 2019.
Biram Ould Dah Ould Abeid rappelle toutefois qu’un financement ne signifie pas nécessairement une dette. Il peut prendre la forme d’un prêt concessionnel, d’un don ou d’un autre mécanisme. De même, un engagement de financement ne signifie pas automatiquement que les fonds ont été effectivement décaissés.
La question de la dette publique relève d’une autre logique. Selon les données du Fonds monétaire international, celle-ci se situait autour de 40 % du PIB en 2025, un niveau que l’institution considère comme soutenable.
Mais, dans sa publication, le président de l’IRA estime que la soutenabilité de la dette ne répond qu’à une partie de la question : celle de la capacité de l’État à honorer ses engagements financiers. Elle ne permet pas, selon lui, de mesurer l’impact réel de ces financements sur le quotidien des citoyens.
« Les comptes de l’État peuvent être sains, tandis que les robinets restent à sec », écrit-il.
Le parlementaire interroge ainsi l’utilisation des financements destinés à des secteurs aussi essentiels que l’eau, l’électricité, l’assainissement, la santé, l’éducation, l’agriculture, la protection sociale, la numérisation ou encore l’emploi des jeunes.
Sur le terrain, relève-t-il, les difficultés demeurent nombreuses. L’accès à l’eau potable reste problématique dans plusieurs villes et localités. Les coupures d’électricité continuent d’affecter les populations. Les insuffisances des infrastructures d’assainissement restent également visibles, notamment à Nouakchott, où les dernières pluies ont une nouvelle fois mis en évidence la vulnérabilité de la capitale face aux eaux pluviales.
Le même constat est dressé dans les secteurs de l’éducation et de la santé, où Biram évoque l’état préoccupant de nombreuses écoles et structures sanitaires.
La question de l’emploi des jeunes constitue également l’un des principaux points soulevés. Malgré les programmes annoncés, le chômage, la précarité, l’extension de l’économie informelle et le manque de perspectives continuent, selon lui, de peser sur de nombreuses familles.
Biram va plus loin en mettant en cause la gestion et la transparence entourant ces financements. Il estime qu’une partie importante des ressources mobilisées n’aurait pas produit les effets attendus et dénonce des pratiques de corruption qu’il qualifie de sans précédent.
Pour répondre à ces interrogations, il demande que les financements mobilisés au cours des dernières années soient présentés projet par projet devant le Parlement.
Il réclame notamment, pour chaque opération, de préciser la nature et le montant du financement, les sommes engagées et effectivement décaissées, le niveau d’exécution des projets, les résultats obtenus ainsi que leur impact concret sur les populations.
Une demande qui revient, en définitive, à poser une question simple : combien a été mobilisé, combien a réellement été dépensé et surtout, qu’est-ce que cela a changé ?
Car, pour Biram, les signatures d’accords, les cérémonies officielles et les annonces ne sauraient constituer à elles seules des résultats. Ceux-ci doivent pouvoir se mesurer dans la réalité quotidienne : un puits qui fournit de l’eau, une lampe qui reste allumée, une école où les enfants apprennent, un hôpital qui soigne et un jeune qui accède à un emploi.
La véritable mesure d’une politique publique ne réside donc pas, selon lui, dans le volume des accords signés, mais dans ce qui change réellement dans la vie des citoyens après que les financements ont été mobilisés et dépensés.


