Selon un rapport publié par le Département d’État américain, les violations des droits de l’homme persistent en Mauritanie, en dépit des avancées juridiques et institutionnelles réalisées ces dernières années.

Le rapport, qui évalue la situation des droits humains en 2024, souligne que ces violations sont principalement dues à la faiblesse dans l’application des lois, à la corruption, ainsi qu’à des facteurs sociaux et culturels profondément enracinés. Il insiste sur la nécessité de réformes structurelles urgentes pour assurer une protection réelle des droits fondamentaux.

Toujours selon ce rapport, la liberté de la presse demeure fortement restreinte. Les journalistes subissent des pressions gouvernementales qui favorisent l’autocensure, et plusieurs cas d’arrestation de journalistes et de militants ont été documentés à la suite de publications sur les réseaux sociaux. Des menaces juridiques et sociales continuent d’entraver l’exercice du métier.

Le rapport indique également que les autorités imposent des restrictions aux rassemblements pacifiques, allant parfois jusqu’à l’usage de la force pour disperser les manifestants. Il fait état d’obstacles administratifs et juridiques auxquels sont confrontés les organisateurs, réduisant leur capacité à s’exprimer librement dans l’espace public.

Par ailleurs, le document américain rapporte des cas isolés d’exécutions extrajudiciaires imputées aux forces de sécurité, avec des enquêtes jugées insuffisantes. Il évoque également des cas de torture et de mauvais traitements en détention, ainsi que des conditions carcérales en deçà des standards requis. Bien qu’aucun cas confirmé de disparition forcée n’ait été recensé, le rapport fait part de préoccupations liées à des détentions arbitraires.

Concernant les pratiques d’esclavage hérité, le rapport note qu’elles persistent dans certaines régions, en particulier au sein des communautés marginalisées comme les Haratines, malgré la criminalisation de l’esclavage en 1981. Il déplore que les efforts de l’État, notamment la création de tribunaux spécialisés, restent limités par un manque de ressources et de volonté politique.

Le rapport souligne aussi que les Haratines et d’autres minorités ethniques sont victimes de discriminations systémiques, notamment dans les domaines de l’éducation et de l’emploi. Il attire l’attention sur la persistance de la violence domestique et du mariage des mineures, en l’absence de protections juridiques suffisantes.

Enfin, selon ce même rapport, les conditions de travail en Mauritanie sont jugées préoccupantes, avec des cas de travail forcé dans le secteur informel. Malgré l’existence d’une législation du travail, son application reste très limitée. La Mauritanie est décrite comme un pays d’origine et de destination pour les victimes de la traite des êtres humains, notamment à des fins de travail forcé et d’exploitation sexuelle. Les efforts de lutte contre ce phénomène sont qualifiés de modestes, en raison de la corruption et de la mauvaise gouvernance.

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