La Coalition anti-Système a publié, ce 12 janvier 2026 à Nouakchott, une déclaration dénonçant ce qu’elle qualifie de « graves dérives administratives et foncières » dans plusieurs localités du sud du pays, notamment dans les départements de Bababé et de Mbagne.

Selon la Coalition, les autorités administratives de Bababé, en collaboration avec le maire de la commune d’Aéré Mbaar, auraient établi un procès-verbal jugé « partisan et inique », contraignant des propriétaires légitimes de terres du waalo à céder, sous la contrainte, une partie de leurs exploitations à des populations haratines. Cette décision aurait, d’après la même source, provoqué des violences ayant entraîné des blessés, graves et légers, ainsi que l’arrestation et l’incarcération de personnes qualifiées d’innocentes, en plus des protagonistes directs des affrontements, à la prison d’Aleg.

La Coalition évoque également un incident survenu récemment dans le département de Mbagne, précisément dans la localité de Mbotto, où un chameau a été retrouvé mort, pris dans une clôture de barbelés entourant un champ de culture. À la suite de cet événement, les autorités locales auraient dépêché des éléments de la gendarmerie sur les lieux. Quatre résidents auraient été arrêtés, transférés à Mbagne et sommés de payer le prix de l’animal, sans qu’existent, selon la Coalition, des preuves établissant leur responsabilité.

Revenant sur le contexte général, la Coalition critique un séminaire organisé quelques semaines plus tôt par le ministre de l’Intérieur dans la wilaya du Gorgol. Elle estime que cette rencontre visait à « intimider les paysans » afin de les préparer à accepter une dépossession de leurs terres agricoles. Une démarche jugée « inacceptable » par le mouvement.

Dans sa déclaration, la Coalition rappelle que le principe de la propriété privée est universellement reconnu comme inviolable, estimant qu’il est régulièrement remis en cause en Mauritanie, notamment dans les conflits fonciers à Nouakchott et dans la vallée du fleuve Sénégal. Elle met en cause l’ordonnance n°83-127 du 5 juin 1983 portant réforme foncière et domaniale, qualifiée de « discriminatoire », affirmant qu’elle a principalement servi à déposséder les paysans de la vallée, tout en épargnant les terres du Nord et de l’Est. La Coalition relie également cette politique foncière aux événements de 1989-1990, qu’elle considère comme partiellement liés à ces enjeux.

Tout en mettant en garde contre une « guerre entre pauvres et opprimés », la Coalition appelle les différentes communautés à faire preuve de retenue et à préserver le vivre-ensemble. Elle estime que les conflits intercommunautaires ne profitent qu’aux « tenants du système » et exhorte les populations à ne pas se laisser instrumentaliser.

La Coalition anti-Système affirme être consciente de ce qu’elle décrit comme une stratégie de division orchestrée à travers l’administration locale. Elle dénonce avec fermeté « l’arbitraire et les manœuvres des autorités locales agissant sous instructions ».

Dans ce cadre, elle formule deux revendications principales :
• la libération immédiate des détenus incarcérés à la prison d’Aleg ;
• un avertissement aux plus hautes autorités de l’État, estimant que « laisser le champ libre aux éléments radicaux et aux fauteurs de troubles » n’est pas de nature à favoriser un climat apaisé, notamment à la veille d’un dialogue politique annoncé.

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