Des unités de l’armée malienne ont effectué, ce samedi, une nouvelle incursion dans plusieurs villages frontaliers situés dans la zone de Gougui, relevant de la commune de Koubeni, dans la wilaya du Hodh El Gharbi. Il s’agit de la troisième semaine consécutive de présence signalée de militaires maliens dans cette zone.
Selon des témoignages locaux, les militaires ont circulé à l’intérieur de plusieurs villages, informant les habitants que leurs localités se trouveraient en territoire malien. Une affirmation qui suscite incompréhension et inquiétude au sein des populations concernées.
La semaine précédente déjà, une unité similaire avait pénétré dans ces mêmes villages. Elle s’était notamment rendue sur le site d’une école en construction, où elle aurait interrogé les ouvriers — en majorité de nationalité malienne — sur les autorisations de travaux. Les militaires auraient également visité une habitation privée en chantier, ordonnant l’arrêt immédiat des travaux dans l’attente d’une autorisation délivrée par les autorités maliennes.
Ces incidents s’inscrivent dans une série de déplacements militaires signalés depuis la fin mars. Le 25 mars, une unité de l’armée malienne avait déjà parcouru six villages frontaliers, notamment Ktey Dafoua, Fousset El Beïdane, Fousset Eflan, En-Nezaha, Ehel Ibrahim et Kerj Laajoul.
À l’époque, le maire de la commune de Gougui, Zalmeda Ahmed Ahmed Masoud, avait déclaré que ces localités avaient été visitées par des militaires maliens, lesquels auraient affirmé aux habitants qu’ils se trouvaient sur le territoire du Mali. L’élu avait toutefois précisé qu’aucun incident violent ni blessé n’avait été enregistré lors de ces passages.
Le responsable local a réaffirmé que ces villages relèvent administrativement de sa commune et abritent des citoyens mauritaniens. Selon lui, ils se situent en territoire mauritanien reconnu par les habitants et les infrastructures présentes sur place, notamment des écoles et des bureaux de vote utilisés lors des élections.
Ces répétitions d’incursions, non accompagnées de déclarations officielles détaillées à ce stade, alimentent des tensions et interrogations sur la gestion de la frontière dans cette zone sensible du sud-est mauritanien.




