Dans un message adressé aux citoyens mauritaniens, le député et président d’IRA, Birame Dah Abeid, a vivement réagi à la condamnation, mercredi 13 août 2026, de trois militants de son mouvement à quatre ans de prison ferme.
L’opposant dénonce une décision qu’il qualifie de « grave injustice » et met directement en cause les autorités dans la gestion de cette affaire.
Il affirme sa solidarité avec les trois militants condamnés et leurs familles, tout en saluant la mobilisation de leurs soutiens ainsi que le travail de leur collectif de défense.
Mais, pour le député et président d’IRA, l’enjeu dépasse largement le sort de ces trois militants.
« Notre pays affirme avoir aboli l’esclavage et lutter contre ses pratiques. Comment, dès lors, celui qui le dénonce peut-il se retrouver en prison ? », s’interroge-t-il.
Selon Birame Dah Abeid, une véritable politique de lutte contre l’esclavage devrait protéger les victimes et ceux qui révèlent ces pratiques, et non poursuivre ces derniers.
Il établit ensuite un parallèle avec les dossiers de corruption, de mauvaise gestion et de détournement des deniers publics, s’interrogeant sur la différence de traitement entre les militants poursuivis dans cette affaire et les personnes citées dans les rapports de la Cour des comptes.
Pour lui, ces affaires révèlent un même schéma : « Celui qui dénonce l’esclavage est poursuivi, celui qui dénonce la corruption est poursuivi, celui qui révèle le détournement des deniers publics est poursuivi. »
Le précédent de 2016
Birame Dah Abeid revient également sur les événements de 2016, sous la présidence de Mohamed Ould Abdel Aziz, lorsque 13 militants d’IRA avaient été condamnés à de lourdes peines, pouvant atteindre quinze ans de prison.
Parmi eux figurait déjà Abdallah Abou Djoub, de nouveau condamné dans l’affaire actuelle.
S’adressant directement au président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, le député demande : « Vous aviez dit que vous veniez avec une méthode différente. Qu’est-ce qui change lorsqu’il s’agit d’IRA ? Quelle différence entre ce que vous faites aujourd’hui et ce que faisait Ould Abdel Aziz hier ? Les mentalités ont-elles changé ou seuls les visages ont-ils changé ? »
L’opposant s’interroge enfin sur la portée politique de la multiplication des poursuites et des condamnations visant les militants d’IRA.
« Une affaire qui dépasse IRA »
Pour Birame Dah Abeid, le dossier ne concerne pas uniquement trois militants ni même son mouvement.
Il affirme défendre, à travers eux, le droit de tout Mauritanien à dénoncer l’esclavage, la corruption, le détournement des deniers publics, la fraude électorale ou encore les falsifications administratives et financières.
« Un pays où celui qui dénonce l’injustice a davantage peur que celui qui la commet est un pays où l’équilibre de la justice est rompu », estime-t-il.
Le député conclut en saluant les militants d’IRA mobilisés devant le tribunal de Nouakchott-Nord, ainsi que les familles des détenus, et promet de poursuivre le combat qu’il présente désormais comme une bataille pour la liberté d’expression, la justice et la défense des droits fondamentaux.




