Le frère et la sœur du blogueur Sidi Mohamed Kmach figurent parmi les proches de blogueurs établis à l’étranger interpellés depuis lundi. L’enquête porte désormais sur des transferts financiers et sur des accusations de chantage avancées par les autorités.
L’affaire des blogueurs mauritaniens établis à l’étranger prend de l’ampleur. Depuis lundi 28 septembre, plusieurs personnes ont été interpellées à Nouakchott et dans certaines localités de l’intérieur du pays, dans le cadre d’une enquête dont les contours restent encore partiellement inconnus.
Parmi les personnes arrêtées figurent Abderrahmane Kmach, frère du blogueur Sidi Mohamed Kmach, installé aux États-Unis, ainsi que leur sœur, interpellée à M’Bout, dans le Gorgol, avant d’être conduite à Nouakchott.
Les arrestations avaient été révélées par Sidi Mohamed Kmach lui-même, qui avait annoncé l’interpellation de ses proches dans un direct sur les réseaux sociaux. Au moment des premières arrestations, aucune explication officielle détaillée n’avait encore été fournie.
L’enquête s’est rapidement orientée vers le volet financier. Mojave Vall Mohamed Lemine, présenté comme le propriétaire d’une agence de change, a lui aussi été interpellé. Selon des sources citées par la presse mauritanienne, les enquêteurs cherchent notamment à retracer des transferts d’argent effectués au profit de blogueurs mauritaniens établis à l’étranger.
La police aurait également interrogé Mariam Mint Khiyar, directrice de Bankily. D’autres personnes, dont le blogueur Ahmed Ould Abdawa, sont citées dans le cadre des investigations.
Le gouvernement évoque un réseau de chantage
Le ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, El Houssein Ould Medou, a confirmé mercredi l’existence de l’opération.
Il a indiqué que les services de sécurité avaient arrêté six personnes dans le cadre d’une enquête visant, selon les autorités, à démanteler un réseau de chantage financier.
Le porte-parole du gouvernement accuse ce réseau présumé de recourir notamment à la diffusion de fausses informations, aux menaces, au chantage et à des atteintes à la réputation. Il a précisé que l’enquête se poursuivait et que le nombre d’arrestations pourrait encore augmenter.
Les transferts financiers au cœur des investigations
Les investigations semblent désormais porter en grande partie sur les flux financiers à destination de blogueurs mauritaniens installés à l’étranger, notamment en Europe et aux États-Unis.
Les enquêteurs chercheraient à déterminer l’origine de ces fonds, leurs bénéficiaires et leur éventuelle relation avec les activités dénoncées par les autorités.
À ce stade, toutefois, la présence d’un transfert financier ne suffit pas à établir, à elle seule, l’existence d’une opération de chantage. Les liens entre les différentes personnes interpellées et les faits qui leur seraient individuellement reprochés restent à préciser.
Le cas des proches de Kmach
Une distinction demeure également nécessaire concernant Abderrahmane Kmach et sa sœur.
Si leur interpellation est rapportée par plusieurs sources, les informations publiques disponibles ne précisent pas clairement les faits qui leur seraient personnellement reprochés, ni leur éventuel rôle dans le réseau évoqué par le gouvernement.
Des avocats ont par ailleurs affirmé avoir rencontré des difficultés pour accéder aux personnes détenues et communiquer avec elles.
L’affaire demeure donc à un stade d’enquête. Les autorités n’ont pas encore rendu publics l’ensemble des noms des personnes concernées, les charges individuelles retenues contre elles ni les éléments matériels susceptibles d’établir les accusations de chantage.
Dans ce dossier sensible, la suite des investigations et les éventuelles décisions judiciaires permettront de déterminer la nature exacte des responsabilités de chacun.


