Comment combattre efficacement le cancer sans connaître précisément son ampleur ? C’est l’enjeu soulevé par le Dr Ahmed Ould Oudaa, gynécologue et enseignant à la faculté de médecine de l’Université de Nouakchott, qui plaide pour la création d’un registre national des cancers en Mauritanie.
Intervenant lors d’une conférence organisée par l’association caritative Athar, engagée dans la lutte contre le cancer, le médecin a déploré l’absence, selon lui, d’un dispositif national unifié permettant de recenser les cas diagnostiqués.
Il a expliqué qu’un tel registre devait s’appuyer sur un cadre légal imposant aux médecins et aux laboratoires de déclarer tout cancer identifié. L’objectif serait de disposer de données fiables pour mesurer l’ampleur de la maladie, déterminer les zones et les catégories de population les plus touchées et orienter les actions de lutte.
Pour l’heure, a-t-il indiqué, les informations disponibles proviennent notamment de l’association Athar et du Centre d’oncologie. Elles ne sont toutefois pas réunies dans un registre national commun, ce qui limite la connaissance précise de la situation.
Le Dr Ould Oudaa a également appelé à mettre en place une instance chargée de la coordination, de la recherche et de l’élaboration d’une vision nationale. Selon lui, la lutte contre le cancer s’inscrit actuellement dans le cadre général des maladies non transmissibles, sans dispositif juridique spécifique consacré aux patients atteints de cancer.
Pour le spécialiste, une stratégie efficace exige des statistiques précises, un registre national, une coordination entre les acteurs et une évaluation régulière des actions engagées. Autant de conditions nécessaires, a-t-il insisté, pour fonder la lutte contre le cancer sur des données scientifiques solides.


