Le débat sur la révision de la Constitution continue d’alimenter la scène politique mauritanienne. Dernier épisode en date : une discussion animée organisée sur la page Facebook du blogueur Dah Yaghoub, réunissant deux figures connues du paysage national : l’ancien officier de l’armée et actuel président du mouvement « Mithag », Ould Houndeya, et l’ex-préfet Ould Mkheitir.

Au cœur des échanges figurait l’éventualité de la modification de certains articles de la Constitution, notamment ceux relatifs à la limitation des mandats présidentiels et à l’âge. Sur ce sujet sensible, les deux intervenants ont défendu des positions diamétralement opposées, avec une force d’argumentation notable.

Pour Ould Mkheitir, aucun article de la Constitution n’est intangible. Selon lui, l’ensemble des dispositions constitutionnelles, y compris celles concernant l’âge et la limitation des mandats, peuvent être révisées. Il estime que le débat démocratique doit rester ouvert et que chaque acteur politique est libre de proposer les changements qu’il juge nécessaires.

À l’inverse, Ould Houndeya s’est montré catégorique : pas question, selon lui, de toucher à ces deux articles clés. Et même dans l’hypothèse où ils viendraient à être modifiés, toute révision ne devrait concerner que les mandats futurs et ne saurait, en aucun cas, profiter au président actuellement en exercice.

Si le débat s’est globalement déroulé dans un climat jugé acceptable, le ton est parfois monté, traduisant la sensibilité du sujet et la profondeur des divergences entre les deux hommes.

Abordant le rapport de force politique, Ould Houndeya a souligné que le pouvoir en place, disposant de l’armée, de l’autorité institutionnelle et des moyens financiers, demeure en position de force dans tout processus de consultation populaire.

De son côté, Ould Mkheitir a insisté sur la responsabilité des acteurs politiques, appelés selon lui à convaincre les citoyens de ne pas voter en faveur de la modification des articles concernés, plutôt que d’empêcher le débat ou d’interdire la proposition de réformes.

Ce face-à-face illustre une nouvelle fois l’ampleur des clivages autour de la question constitutionnelle en Mauritanie, à un moment où l’avenir institutionnel du pays suscite interrogations, débats passionnés et prises de position tranchées.

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