Le Président Ghazouani, s’adressant aux habitants du Gorgol, a prononcé une phrase forte :
« J’aurais aimé m’adresser à vous en pulaar ou en soninké, mais malheureusement, je n’ai pas eu l’opportunité d’apprendre nos langues nationales. »
Dans un pays où les populations de la Vallée ont subi, pendant des décennies, le mépris, l’exclusion et parfois la violence, ce geste n’est pas anodin. En parlant en hassaniya tout en se faisant traduire au fur et à mesure en pulaar et en soninké, le Chef de l’État a marqué une rupture symbolique importante : celle d’un État qui commence à reconnaître, dans l’espace public, les langues et la dignité de tous ses citoyens. Tout logiquement, cette approche doit se concrétiser par leur officialisation comme explicitement déjà admis par le Président de la République dans le Pacte républicain signé avec l’ufp et le rfd depuis 2023.
Mais l’essentiel de son discours à Kaédi a été ailleurs : dans la mémoire nationale.
« Notre histoire a des pages glorieuses et des chapitres que nous aurions préféré ne jamais écrire. »
« La force des nations se mesure à leur capacité à reconnaître leur histoire dans son intégralité. »
« Le moment est venu pour le peuple mauritanien d’assumer courageusement sa responsabilité envers son histoire. »
Ces mots sont rares dans la parole officielle. Ils rappellent une vérité : aucune nation ne se construit sur le déni. L’unité ne peut pas être un slogan imposé. Elle doit être un contrat fondé sur la vérité, la justice, l’égalité et la reconnaissance de toutes les composantes du pays.
Ce discours peut être un tournant. Mais désormais, le peuple attend des actes.
Lô Gourmo, 9 février 2026




