L’ancien général Ould Maïyiv est sorti de sa réserve pour livrer une analyse sévère des récentes visites du président Mohamed Ould Ghazouani dans les wilayas du Hodh El Chargui et du Gorgol. Dans un texte au ton critique, il dénonce ce qu’il considère comme une « ritualisation » de l’action politique, déconnectée des réalités sociales et des priorités urgentes des populations.
Selon lui, ces déplacements présidentiels ont été dominés par de longs discours, jugés pauvres en annonces concrètes et en engagements opérationnels. Il s’interroge sur la capacité du système politique à traduire les intentions affichées en politiques publiques efficaces, capables d’améliorer durablement les conditions de vie des citoyens.
L’ancien officier estime que l’État privilégie une mise en scène symbolique du pouvoir au détriment d’actions tangibles sur le terrain. « La parole prend le pas sur la décision », observe-t-il en substance, regrettant l’absence de mécanismes clairs d’évaluation et de suivi des engagements annoncés.
Il rappelle que les besoins dans ces régions sont pourtant bien connus : accès aux soins, sécurité des personnes et des biens, infrastructures de base et services publics performants. À ses yeux, la persistance de ces déficits traduit une crise profonde de l’action publique, où la communication tend à remplacer l’exécution.
Autre point soulevé : la forte mobilisation des populations lors de ces visites. Ould Maïyiv y voit moins un élan spontané qu’une contrainte administrative et sociale, obligeant de nombreux citoyens à suspendre leurs activités quotidiennes. Cette mobilisation servirait, selon lui, à produire des images de soutien destinées à conforter la légitimité du pouvoir.
Il critique également la mobilisation massive de l’appareil gouvernemental, qu’il considère comme le signe d’un État davantage préoccupé par le remplissage de son agenda que par l’efficacité de son action. Cérémonies, réunions et allocutions se succèdent sans déboucher, selon lui, sur des politiques sectorielles cohérentes ou des résultats mesurables.
Au-delà des visites elles-mêmes, l’ancien général évoque un déséquilibre plus profond : l’incapacité du système politique à produire le bien public. Il estime que la multiplication des déplacements et des discours relève d’une « gestion symbolique » du pouvoir, destinée à donner l’illusion du mouvement plutôt qu’à résoudre les problèmes structurels.
En conclusion, Ould Maïyiv considère que les visites présidentielles au Hodh El Chargui et au Gorgol, telles qu’organisées, révèlent moins une dynamique de développement territorial qu’une crise persistante de l’action publique, où la mise en scène tend à supplanter l’efficacité.




