Mohamed Mahmoud Ould M’Heimid et Sid’Ahmed Ould Bouh ont quitté le gouvernement. Deux ministres évincés. Deux postes repris par leurs cousins. Une coïncidence ? Certainement pas.

Ce geste fragilise plus qu’il ne stabilise. Les tensions tribales explosent. Frustration. Humiliation. Rivalités familiales. Là où le pouvoir croyait ménager, il divise.

L’indépendance devient un crime. La loyauté devient un prix. Ceux qui osent penser par eux-mêmes sont punis. Ceux qui se soumettent sont récompensés. La compétence ? Elle n’a plus de valeur.

Sid’Ahmed Ould Bouh en a fait l’expérience. Écarté de l’Économie et des Finances malgré un bilan irréprochable. Relégué à l’Agriculture. Pommes de terre et tomates. Une humiliation déguisée. Puis, exclusion totale. Le message est clair : ne faites pas d’ombre au pouvoir.

Ould M’Heimid, lui, a osé défier les lobbys du médicament. Puissants. Hors de portée des lois. Sans soutien politique, il tombe. Résister à ces réseaux est devenu un crime d’État.

Les « nouveaux » ministres ? D’anciens ministres recyclés. Écartés jadis pour des raisons obscures. Aujourd’hui, rappelés. Pourquoi ? Mystère. Recyclage ou arbitrage opaque ? Quoi qu’il en soit, l’opacité fragilise l’État et nourrit la défiance.

Le Premier ministre ne coordonne plus. Il contrôle. Il impose. Les ministres indépendants n’ont plus leur place. Ceux qui restent ? Interchangeables. Redevables. L’État se fragilise. L’exécutif perd sa crédibilité.

Le sommet de l’État ? Des décisions dictées par des cercles d’influence. Et au premier rang, le Premier ministre lui-même.

Tout ceci est l’exact opposé de ce qu’avait instauré le président Mohamed Ould Ghazouani lors de son élection. Il avait donné pleine autonomie à ses ministres. Liberté de décider. Liberté d’agir. Aujourd’hui, cette liberté est remplacée par un contrôle strict. Initiative individuelle sanctionnée. Loyauté imposée. Le contraste est frappant. La gouvernance collaborative est morte.

Le pouvoir se verrouille. L’autonomie se paie. La loyauté se récompense. La compétence disparaît.

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