La situation du citoyen mauritanien n’est plus simplement préoccupante : elle est devenue intenable. Chaque décision du gouvernement semble ponctuelle, improvisée, et déconnectée des besoins réels de la population. Cette incapacité à penser et agir sur le long terme fragilise déjà le tissu social et menace l’avenir du pays.
La récente augmentation des prix des hydrocarbures illustre crûment cette gouvernance à vue. Cette mesure, loin d’être un simple ajustement économique, est un choc direct pour les ménages. Le pouvoir d’achat, déjà sérieusement érodé par la cherté de la vie, se retrouve encore davantage fragilisé, accentuant la vulnérabilité des plus modestes et creusant le fossé des inégalités.
Parallèlement, les secteurs essentiels de la nation -santé, éducation, accès à l’eau — restent dramatiquement défaillant-. Les carences structurelles dans ces domaines ne sont pas des accidents : elles témoignent d’un désintérêt persistant pour les véritables besoins du peuple, et d’une incapacité à projeter une vision nationale cohérente.
La question qui s’impose est simple, mais cruciale : jusqu’à quand la population mauritanienne devra-t-elle subir les effets d’une gouvernance sans cap ? Jusqu’à quand restera-t-on prisonniers d’une logique de réaction plutôt que d’anticipation ?
À cela s’ajoutent les incertitudes internationales. La prolongation du conflit dans le Golfe menace d’aggraver encore la situation économique, faisant peser de nouvelles pressions sur les prix de l’énergie et, par ricochet, sur la vie quotidienne des Mauritaniens. Sommes-nous prêts à en subir les conséquences, ou continuerons-nous à naviguer à l’aveugle ?
Il est temps de dire les choses avec force : la Mauritanie ne peut plus se contenter de demi-mesures et de réponses improvisées. Le pays a besoin d’un cap clair, d’une vision stratégique et d’une volonté politique véritablement au service du peuple. La résilience du citoyen mauritanien a ses limites. Si le gouvernement persiste dans l’inaction et l’improvisation, c’est la cohésion sociale, l’équité et l’avenir même de la nation qui seront compromis.
La Mauritanie doit choisir : rester spectatrice de sa propre fragilité, ou se lever pour tracer enfin une route durable, fondée sur la justice sociale et l’anticipation des défis à venir. Le peuple ne peut plus attendre.
Yedaly Fall




