Dans un post publié sur sa page Facebook, le journaliste Haiba Cheikh Sidaty analyse la place prépondérante occupée par la société Addax dans l’approvisionnement du pays en produits pétroliers.
Il met en avant une situation jugée exceptionnelle : depuis près de dix ans, la même entreprise remporte de façon continue les contrats les plus importants liés à l’importation de carburants. Une continuité qui contraste avec les changements politiques et administratifs intervenus durant cette période.
Selon lui, les règles du jeu ont évolué — avec des contrats raccourcis et des responsables renouvelés — sans que cela n’affecte l’issue des attributions. Addax est ainsi restée au cœur du dispositif, là où d’autres opérateurs n’ont fait que de brèves apparitions. À titre de comparaison, seule Fal Oil a réussi à obtenir plus d’un contrat, et ce sur une période limitée.
Le journaliste évoque également des zones d’ombre, notamment des arriérés de paiement signalés en 2020 auprès de plusieurs structures nationales impliquées dans la gestion du secteur, telles que SOMIR et SMH. Malgré ces éléments, aucune mesure d’exclusion n’aurait été prise.
Des tensions avec certaines entreprises publiques sont aussi mentionnées, notamment avec SOMELEC et SNIM, autour de la qualité des produits fournis. Dans un cas, une demande d’indemnisation aurait finalement été retirée, un point relevé par la Cour des comptes sans conséquence visible.
Haiba Cheikh Sidaty souligne par ailleurs que des contraintes structurelles, comme la capacité limitée de stockage au niveau national, ont été avancées pour expliquer la difficulté à concurrencer Addax. Un projet destiné à renforcer ces capacités a bien été lancé, mais il a été intégré au contrat d’approvisionnement… remporté une nouvelle fois par la même société.
Il note aussi des retards dans la mise en œuvre de ce projet, liés notamment à des problèmes d’assurance, ce qui a repoussé sa réalisation.
Parmi les faits marquants relevés :
• l’abandon d’un appel d’offres international en 2023, finalement absorbé dans le contrat d’approvisionnement ;
• la reconduction du marché avec une révision à la baisse du différentiel de prix, générant des économies pour l’État ;
• l’introduction de nouvelles clauses contractuelles modifiant la répartition de certains coûts.
À l’approche de la fin du contrat actuel, prévue en décembre, le journaliste pose la question de l’avenir de ce modèle. Il suggère la nécessité d’un examen plus rigoureux des conditions d’attribution et d’une ouverture accrue à la concurrence, afin de garantir un approvisionnement plus équilibré et mieux adapté aux intérêts du pays.




