Le directeur de l’Office national de la météorologie, Sidi Mohamed Elemine a mis en garde contre les conséquences que pourraient avoir les précipitations attendues cette semaine sur les infrastructures urbaines. Selon lui, les épisodes pluvieux annoncés dans plusieurs régions du pays pourraient accentuer les risques d’inondations, notamment dans les zones insuffisamment équipées en systèmes de drainage.
Dans un entretien accordé à la chaîne TTV, le responsable a présenté le bulletin météorologique « Al-Ghaïth », un dispositif d’information basé sur un code couleur permettant de classer l’intensité des pluies. Ce système distingue les précipitations faibles, comprises entre 0,1 et 9 millimètres, les pluies modérées allant de 9 à 33 millimètres, ainsi que les épisodes de fortes et très fortes précipitations.
Sidi Mohamed a souligné que la saison hivernale en cours se caractérise par un démarrage précoce dans certaines localités. Toutefois, il estime que sa principale particularité réside dans l’irrégularité des précipitations, tant dans leur répartition géographique que dans leur fréquence, avec des périodes de sécheresse susceptibles de s’étendre sur plusieurs semaines.
Le responsable a également attiré l’attention sur la vulnérabilité des centres urbains face aux fortes pluies. L’absence de réseaux d’assainissement performants et de canaux capables d’évacuer rapidement d’importants volumes d’eau augmente considérablement le risque de dégâts sur les routes, les habitations et les infrastructures publiques.
Évoquant l’évolution du climat, il a indiqué que la Mauritanie enregistre désormais des variations pluviométriques plus marquées que par le passé. À titre d’exemple, il a rappelé les précipitations exceptionnelles observées en 2022 dans certaines régions du nord du pays, où d’importantes quantités d’eau étaient tombées en un laps de temps très court.
Pour le directeur des prévisions météorologiques, la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes — qu’il s’agisse de longues périodes de sécheresse ou de pluies torrentielles soudaines — illustre l’impact croissant du changement climatique. Une situation qui pèse directement sur l’économie nationale, notamment sur les secteurs de l’agriculture et de l’élevage.
Malgré ces défis, il a salué les efforts d’adaptation engagés par les populations. Celles-ci se tournent de plus en plus vers des semences à cycle court, suivent davantage les prévisions météorologiques et diversifient leurs activités agricoles, notamment à travers la culture maraîchère, afin de limiter les pertes et d’améliorer les rendements.




