Le député Mohamed Bouya Ould Cheikh Mohamed Fadel a lancé une violente charge contre le pouvoir, qu’il accuse d’avoir transformé la corruption en un véritable système de gouvernance. Selon lui, le régime ne se contente plus de tolérer les pratiques corruptrices : il les organise, les protège et s’en sert pour consolider son pouvoir.

Prenant la parole ce samedi lors d’une conférence organisée par les Forces du Salut, le parlementaire a dénoncé ce qu’il qualifie de « corruption intellectuelle », affirmant que l’accès aux responsabilités politiques, administratives et sociales est désormais associé, dans l’esprit de nombreux citoyens, à la corruption.

Il a également accusé le régime d’avoir mis en place des mécanismes destinés à protéger les réseaux de corruption, allant jusqu’à réprimer, selon lui, les personnes qui dénoncent ces dérives, sous couvert de sanctions administratives et d’abus de pouvoir.

Mohamed Bouya a en outre mis en cause une partie de la presse, estimant que certains médias contribuent à normaliser la corruption en relayant son discours et en participant à sa légitimation, au lieu d’assumer leur rôle de contre-pouvoir.

Pour le député, seule une volonté politique réelle, appuyée par une mobilisation citoyenne, peut inverser cette tendance. À défaut, a-t-il averti, la perte de confiance envers les institutions pourrait déboucher sur des mouvements de contestation d’une ampleur comparable à ceux observés dans d’autres pays, où la colère populaire a pris des formes particulièrement radicales.

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