Le Bureau de l’Assemblée nationale a approuvé, ce mercredi, la recommandation portant création d’une commission d’enquête parlementaire, déposée le 28 janvier dernier par plusieurs groupes de l’opposition. La mise en place effective de cette commission reste toutefois soumise à l’approbation de la plénière.

Si elle est adoptée, il s’agira de la première commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner la gestion d’un régime en exercice. Ce serait également la troisième commission d’enquête de ce type en Mauritanie, après celles consacrées aux dossiers de la période du président défunt Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et à la « décennie » de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz.

Les groupes parlementaires à l’origine de cette initiative affirment vouloir faire toute la lumière sur plusieurs dossiers qu’ils considèrent comme emblématiques de la mauvaise gouvernance, afin d’informer l’opinion publique et de renforcer les mécanismes de contrôle de l’action publique.

Dans leur argumentaire, les députés de l’opposition dénoncent une aggravation de la corruption financière et administrative, un recul de la transparence dans la gestion des ressources publiques et une perte de confiance des citoyens envers les institutions. Ils estiment qu’une enquête parlementaire est indispensable pour établir les responsabilités.

La recommandation est signée par le groupe parlementaire du parti Tawassoul, le groupe parlementaire Espoir Mauritanie, ainsi que les députés Abdessalam Horma et Mohamed Fadel.

Les parlementaires demandent que la future commission enquête notamment sur les programmes sociaux de Taazour, la gestion du Commissariat à la sécurité alimentaire, les marchés d’approvisionnement en carburants, les revenus issus de l’exploitation du gaz offshore, le secteur de l’eau, les marchés publics de travaux routiers, la gouvernance du secteur minier ainsi que la vérification des diplômes des fonctionnaires occupant des postes de responsabilité.

Selon les auteurs de la proposition, ces secteurs présentent de fortes présomptions de mauvaise gestion, d’opacité ou de dysfonctionnements et nécessitent un contrôle approfondi.

Les groupes parlementaires concluent que la lutte contre la corruption, la protection des deniers publics et le respect du principe d’égalité des chances constituent des conditions essentielles pour restaurer la confiance dans les institutions, améliorer la gouvernance et renforcer l’attractivité du pays auprès des partenaires et des investisseurs.

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