Après quatre semaines passées hors de Nouakchott, le journaliste Haiba Cheikh Sidaty dit avoir retrouvé une scène politique profondément différente, où un sujet semble désormais reléguer tous les autres au second plan : le débat autour d’un éventuel troisième mandat du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.
Dans une publication sur sa page Facebook, il revient sur les principaux événements survenus durant son absence : la publication du rapport de l’Inspection générale de l’État, l’incendie de deux centrales électriques, la mise en place d’une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur ces incidents, l’arrestation puis l’incarcération du général à la retraite Lebbat Ould Maayouf, ainsi que la multiplication, à travers plusieurs wilayas, des appels de cadres et de notables en faveur d’un troisième mandat.
Mais à son retour, le journaliste dit avoir constaté un changement spectaculaire dans les priorités du débat public.
« Le débat autour du rapport de l’Inspection générale de l’État a disparu », écrit-il, tandis que les incendies des deux centrales électriques ne suscitent presque plus de discussions.
À l’inverse, souligne-t-il, « le bruit autour du troisième mandat continue de monter et de prendre de l’ampleur », jusqu’à atteindre, hier, la plus haute instance du parti au pouvoir.
Pour Haiba Cheikh Sidaty, cette évolution apporte surtout un éclairage sur l’origine de ces appels en faveur d’un troisième mandat : « Il apparaît clairement que ces appels sont bel et bien partis de là. »
Une conclusion qu’il accompagne d’une formule particulièrement sévère sur le rapport de la société mauritanienne à sa propre actualité politique : « Nous sommes un peuple à la mémoire politique très faible. »




