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	<title>Opinion Archives - Shems Maarif Info</title>
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	<lastBuildDate>Fri, 25 Sep 2026 20:08:28 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Opinion Archives - Shems Maarif Info</title>
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	<item>
		<title>QUELLE MAURITANIE VOULONS-NOUS ? Contribution d’un universitaire à la question posée à Atar</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Sep 2026 20:08:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La question posée à Atar par Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, dépasse largement le...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La question posée à Atar par Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed</p>
<p>Ould Cheikh El Ghazouani, dépasse largement le cadre d’une allocution ou d’une visite officielle.</p>
<p>Elle fait écho à une interrogation plus ancienne, formulée au même endroit plusieurs décennies</p>
<p>auparavant par le Président fondateur, Mokhtar Ould Daddah : « Quelle Mauritanie voulons-</p>
<p>nous ? »</p>
<p>Cette question nous interpelle collectivement. Y répondre ne saurait se limiter à dresser une</p>
<p>liste de projets, de routes, de bâtiments ou d’indicateurs économiques. La réponse doit porter</p>
<p>une vision de société, une ambition nationale et un engagement partagé.</p>
<p>En tant que professeur d’université, j’estime qu’il est de mon devoir d’apporter ma contribution</p>
<p>à cette réflexion. L’université a vocation à produire des connaissances, à former les citoyens et</p>
<p>à éclairer le débat public ; elle ne peut rester en retrait lorsque la Nation s’interroge sur son</p>
<p>avenir.</p>
<p>C’est dans cet esprit que je propose une réponse en deux temps : d’abord, dire quelle Mauritanie</p>
<p>nous voulons ; ensuite, tracer le chemin à suivre pour la construire.</p>
<p>I. La Mauritanie que nous voulons</p>
<p>1. Une Mauritanie unie, dotée d’un Etat fort, juste et efficace</p>
<p>L’Etat que j’appelle de mes vœux n’est pas nécessairement un Etat qui intervient partout. C’est</p>
<p>un Etat qui assume pleinement ses responsabilités essentielles : garantir la sécurité, faire</p>
<p>respecter la loi, protéger les libertés, assurer l’égalité devant les services publics et créer les</p>
<p>conditions permettant aux citoyens et aux entreprises de produire et d’innover.</p>
<p>Cet Etat doit être suffisamment fort pour faire respecter la loi, suffisamment proche du citoyen</p>
<p>pour comprendre ses préoccupations et suffisamment moderne pour accompagner les</p>
<p>transformations technologiques et économiques de notre époque. Son administration doit être</p>
<p>accessible, professionnelle, responsable et libérée autant que possible des lenteurs inutiles.</p>
<p>La Mauritanie de demain doit être une République des institutions, où les règles sont connues,</p>
<p>appliquées et respectées, indépendamment de l’identité, de l’origine ou de la position sociale</p>
<p>de chacun.</p>
<p>2. Une école qui prépare à l’avenir</p>
<p>Aucune vision de la Mauritanie de demain ne peut faire l’économie de la question éducative.</p>
<p>L’école doit être le premier instrument de l’égalité des chances. Elle doit transmettre à chaque</p>
<p>enfant les connaissances fondamentales, mais aussi les compétences qu’exigera le 21ème siècle.La formation professionnelle, quant à elle, doit être étroitement reliée aux besoins de notre</p>
<p>économie.</p>
<p>Un jeune Mauritanien ne devrait pas être condamné à attendre un emploi public pour</p>
<p>construire son avenir. Il doit pouvoir apprendre un métier, créer une entreprise, travailler dans</p>
<p>l’agriculture, l’industrie, les mines, la pêche, le tourisme ou le numérique, et participer à</p>
<p>l’économie mondiale depuis son propre pays.</p>
<p>3. Une jeunesse qui devient un moteur</p>
<p>Notre jeunesse ne doit pas être considérée comme une catégorie à assister, mais comme une</p>
<p>génération à responsabiliser. Elle doit pouvoir participer à la définition des politiques</p>
<p>publiques, accéder à l’emploi, entreprendre et prendre des responsabilités dans la vie</p>
<p>économique, sociale et politique du pays.</p>
<p>Il nous faut passer d’une logique où l’on se demande ce que l’Etat peut offrir aux jeunes à une</p>
<p>logique où l’on se demande aussi comment l’Etat peut leur permettre de créer, d’entreprendre</p>
<p>et de contribuer. La Mauritanie de demain doit donner à ses jeunes une raison de rester, de</p>
<p>revenir lorsqu’ils sont partis, et surtout de croire qu’ils peuvent réussir chez eux.</p>
<p>4. Une économie qui crée de la valeur en Mauritanie</p>
<p>Notre pays dispose d’atouts considérables : ressources minières, pétrolières et gazières, façade</p>
<p>maritime, potentiel agricole et pastoral, énergies renouvelables, position géographique,</p>
<p>patrimoine culturel et touristique, et une jeunesse capable de s’approprier rapidement les</p>
<p>nouvelles technologies.</p>
<p>Nous voulons une économie qui ne se contente pas d’exporter des matières premières, mais qui</p>
<p>développe la transformation locale, l’industrie, les services et les chaînes de valeur ; une</p>
<p>agriculture moderne et adaptée à nos réalités climatiques ; une meilleure valorisation de nos</p>
<p>ressources halieutiques ; un tourisme culturel, historique, écologique, sportif et saharien ; un</p>
<p>secteur numérique à part entière. Nous voulons enfin que les investisseurs, mauritaniens</p>
<p>comme étrangers, trouvent un environnement transparent, prévisible et favorable à l’initiative.</p>
<p>5. Un développement qui ne s’arrête pas aux grandes villes</p>
<p>Nous voulons une Mauritanie où la distance géographique ne détermine pas la qualité des</p>
<p>services publics, et où l’enfant de toute wilaya accède à une éducation et à des soins de qualité.</p>
<p>Chaque wilaya doit pouvoir identifier ses priorités et participer réellement aux décisions qui</p>
<p>concernent son développement. Les besoins locaux doivent peser dans la décision publique, et</p>
<p>les progrès nationaux doivent se traduire concrètement dans les wilayas, les moughataas et les</p>
<p>communes.</p>
<p>6. Une justice sociale fondée sur l’égalité des chances</p>
<p>La justice sociale ne consiste pas seulement à distribuer des aides ; elle consiste surtout à</p>
<p>donner à chacun la possibilité de construire sa propre réussite. Cela suppose une école dequalité, un système de santé accessible, des infrastructures équilibrées, un accès équitable aux</p>
<p>opportunités économiques et une protection effective des personnes vulnérables.</p>
<p>Les politiques sociales doivent protéger ceux qui en ont besoin, tout en aidant progressivement</p>
<p>un nombre croissant de citoyens à devenir économiquement autonomes. L’objectif est une</p>
<p>société où la naissance ne détermine pas le destin.</p>
<p>7. Une Mauritanie qui protège son environnement</p>
<p>Désertification, stress hydrique, changement climatique, pression sur les ressources naturelles</p>
<p>et fragilité des écosystèmes : les défis environnementaux de demain sont considérables. L’eau</p>
<p>et les énergies renouvelables doivent devenir des priorités stratégiques nationales. Nos villes</p>
<p>doivent être pensées en fonction des contraintes climatiques, notre agriculture doit apprendre</p>
<p>à produire davantage avec moins d’eau, et nos ressources doivent être exploitées de manière</p>
<p>responsable, dans une logique de transmission.</p>
<p>Le véritable développement est celui qui permet à une génération de progresser sans</p>
<p>compromettre les chances de la suivante.</p>
<p>8. Une Mauritanie ouverte sur le monde sans perdre son identité</p>
<p>Etre moderne ne signifie pas renoncer à son identité. La Mauritanie de demain doit être fière</p>
<p>de son histoire, de sa culture, de son héritage islamique, de ses traditions et de la diversité de</p>
<p>son patrimoine, tout en s’ouvrant aux sciences, aux technologies, aux échanges et aux</p>
<p>transformations du monde.</p>
<p>Il ne s’agit pas de choisir entre tradition et modernité, mais de construire une modernité</p>
<p>mauritanienne, capable d’assumer son identité tout en donnant à ses citoyens les moyens de</p>
<p>participer pleinement au monde contemporain.</p>
<p>La question posée à Atar ne doit pas seulement susciter une réflexion : elle doit nous conduire</p>
<p>à définir un chemin. Une vision qui ne se traduit pas en choix, en priorités, en réformes et en</p>
<p>actions demeure une simple aspiration.</p>
<p>Chaque génération doit répondre à cette question à la lumière des défis de son temps. La</p>
<p>génération de l’indépendance avait pour priorité de bâtir l’Etat et de préserver l’existence de la</p>
<p>Nation. La nôtre doit aller plus loin : construire un État de citoyenneté, consolider les</p>
<p>institutions, réduire les inégalités, développer le capital humain, diversifier l’économie et</p>
<p>préparer le pays aux transformations technologiques et climatiques.</p>
<p>Construire la Mauritanie que nous voulons exige donc une direction claire et un engagement</p>
<p>collectif dans la durée. C’est dans cet esprit que je propose le chemin suivant :II. Le chemin à suivre</p>
<p>1. Construire la Nation autour de la citoyenneté</p>
<p>L’unité nationale est la première condition du développement. Il s’agit de consolider une</p>
<p>citoyenneté fondée sur l’égalité des droits et des devoirs, le respect de la loi et l’appartenance à</p>
<p>une même Nation, en considérant notre diversité culturelle et sociale comme une composante</p>
<p>de notre identité, et non comme un motif d’opposition.</p>
<p>Cela implique de renforcer l’égalité devant la loi, de lutter contre toutes les formes de</p>
<p>discrimination et d’exclusion, de promouvoir une culture du dialogue, de consolider la cohésion</p>
<p>sociale, de garantir à chacun le respect de sa dignité et de ses droits, et de faire de la citoyenneté</p>
<p>le fondement de la relation entre l’Etat et le citoyen. Aucun citoyen ne doit se sentir étranger</p>
<p>dans son propre pays</p>
<p>2. Bâtir un Etat moderne, efficace et proche du citoyen</p>
<p>La force d’un Etat ne se mesure pas seulement à ses institutions, mais à sa capacité à produire</p>
<p>des résultats. Nous devons passer d’une administration centrée sur ses procédures à une</p>
<p>administration centrée sur le citoyen.</p>
<p>Cela nécessite une administration professionnelle et responsable, la simplification des</p>
<p>procédures, la généralisation progressive des services publics numériques, davantage de</p>
<p>transparence, l’évaluation régulière des politiques publiques, une meilleure coordination entre</p>
<p>institutions et une décentralisation effective. L’Etat doit être présent là le citoyen a besoin de</p>
<p>lui, et efficace lorsqu’il intervient.</p>
<p>3. Faire de l’éducation la priorité nationale absolue</p>
<p>Aucune réforme ne sera durable si elle ne transforme pas l’école, car la première richesse d’un</p>
<p>pays est son capital humain. Notre système éducatif doit accorder une attention particulière à</p>
<p>la qualité de l’enseignement, à la formation et à la valorisation des enseignants, aux sciences,</p>
<p>aux langues, au numérique, à la formation professionnelle, aux compétences pratiques, à</p>
<p>l’orientation, ainsi qu’à l’enseignement supérieur et à la recherche. L’objectif n’est pas</p>
<p>seulement de former plus de diplômés, mais plus de Mauritaniens capables de créer, de</p>
<p>produire, d’innover et de résoudre les problèmes de leur pays.</p>
<p>4. Transformer la jeunesse en force productive</p>
<p>La jeunesse n’est pas un problème à gérer, mais une force nationale à mobiliser. Il faut</p>
<p>permettre aux jeunes de devenir entrepreneurs, agriculteurs, ingénieurs, artisans, enseignants,</p>
<p>chercheurs, professionnels du numérique, industriels, investisseurs et responsables publics.</p>
<p>Pour cela, il convient de développer l’entrepreneuriat, l’apprentissage, le financement des</p>
<p>petites entreprises, les incubateurs, les métiers du numérique, les activités sportives et</p>
<p>culturelles et les dispositifs d’insertion, tout en multipliant les passerelles entre l’université, la</p>
<p>formation professionnelle et le monde économique. Transformer l’énergie de notre jeunesse en</p>
<p>énergie économique, sociale et intellectuelle.5. Passer d’une économie de ressources à une économie de valeur</p>
<p>La véritable question n’est pas de savoir quelles ressources nous possédons, mais quelle valeur</p>
<p>nous en tirons. L’objectif est de produire, transformer et créer davantage d’emplois en</p>
<p>Mauritanie. Notre stratégie doit favoriser la transformation locale et la diversification, en</p>
<p>agissant simultanément sur plusieurs secteurs :</p>
<p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/25aa.png" alt="▪" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Agriculture : moderniser les techniques, améliorer l’accès à l’eau, développer une</p>
<p>irrigation adaptée, renforcer la commercialisation et la transformation.</p>
<p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/25aa.png" alt="▪" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Élevage : améliorer la santé animale, l’alimentation du cheptel, la transformation et la</p>
<p>commercialisation.</p>
<p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/25aa.png" alt="▪" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Pêche : valoriser localement les ressources halieutiques, développer l’industrie de</p>
<p>transformation et la logistique.</p>
<p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/25aa.png" alt="▪" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Mines : faire davantage contribuer l’exploitation minière à l’emploi, aux compétences</p>
<p>nationales et aux infrastructures.</p>
<p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/25aa.png" alt="▪" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Énergie : exploiter notre potentiel solaire et éolien.</p>
<p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/25aa.png" alt="▪" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Tourisme : faire du patrimoine historique, culturel et naturel un secteur à part entière.</p>
<p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/25aa.png" alt="▪" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Numérique : faire émerger une économie fondée sur les compétences, les services et</p>
<p>l’innovation.</p>
<p>6. Assurer un développement équilibré de toutes les régions</p>
<p>Il ne peut y avoir de véritable développement national si certaines régions restent durablement</p>
<p>éloignées des opportunités. Chaque wilaya possède des potentialités qu’il faut identifier,</p>
<p>développer et relier à une stratégie nationale.</p>
<p>Cela suppose des infrastructures adaptées, l’accès à l’eau et à l’électricité, des écoles et des</p>
<p>structures sanitaires de qualité, des routes et des moyens de transport, une meilleure</p>
<p>connectivité numérique, des zones économiques adaptées et des collectivités dotées de</p>
<p>capacités accrues.</p>
<p>7. Faire de l’eau une priorité stratégique</p>
<p>Dans un pays sahélien, l’eau n’est pas seulement un service public : c’est une question de</p>
<p>sécurité nationale, de santé, d’agriculture, d’élevage et de développement. Une véritable</p>
<p>politique nationale de l’eau doit reposer sur la mobilisation des ressources, la sécurisation de</p>
<p>l’approvisionnement des villes et des villages, la réduction des pertes, la modernisation des</p>
<p>réseaux, la gestion durable des nappes, des solutions adaptées au monde rural et un usage</p>
<p>rationnel de l’eau en agriculture. Aucune politique de développement ne peut être durable si</p>
<p>elle ne répond pas d’abord à la question de l’eau.</p>
<p>8. Construire un système de santé accessible et performant</p>
<p>La santé est un investissement dans le capital humain. Il faut rapprocher les soins du citoyen</p>
<p>par la formation des professionnels de santé, le renforcement des structures régionales, la</p>
<p>disponibilité des médicaments essentiels, la prévention, la santé maternelle et infantile, latélémédecine lorsque les conditions le permettent et l’amélioration des systèmes d’information</p>
<p>sanitaire et de couverture maladie.</p>
<p>9. Libérer l’initiative privée</p>
<p>L’Etat ne peut créer seul tous les emplois dont le pays aura besoin. Le secteur privé doit devenir</p>
<p>un partenaire central du développement, dans un environnement où entreprendre est possible,</p>
<p>prévisible et sécurisé. Il faut agir sur l’accès au financement, la simplification des démarches, la</p>
<p>sécurité juridique, la transparence, l’information économique, la commande publique, la</p>
<p>concurrence et l’accompagnement des PME. Le jeune Mauritanien qui veut entreprendre doit</p>
<p>trouver plus de portes ouvertes que d’obstacles administratifs.</p>
<p>10. Investir dans les infrastructures qui changent réellement la vie</p>
<p>Routes, réseaux d’eau, électricité, télécommunications, ports, infrastructures agricoles, écoles,</p>
<p>centres de santé et équipements urbains sont des instruments de transformation économique</p>
<p>et sociale. Mais chaque projet doit répondre à une question simple : quel problème concret du</p>
<p>citoyen permet-il de résoudre ? La culture du projet pour le projet doit céder la place à une</p>
<p>culture du résultat.</p>
<p>11. Préparer la Mauritanie à l’économie du 21ème siècle</p>
<p>L’intelligence artificielle, la robotique, les énergies renouvelables, les biotechnologies et</p>
<p>l’automatisation vont transformer profondément les économies. La Mauritanie doit anticiper</p>
<p>ces mutations plutôt que les subir, en généralisant l’accès au numérique, en formant aux</p>
<p>compétences technologiques, en encourageant l’innovation et les start-up, en développant la</p>
<p>recherche, en modernisant l’administration et en rendant les services numériques accessibles</p>
<p>dans les régions.</p>
<p>12. Préserver notre environnement</p>
<p>Développer la Mauritanie ne signifie pas épuiser ses ressources. La protection de</p>
<p>l’environnement doit irriguer toutes les politiques publiques : lutte contre la désertification,</p>
<p>préservation de l’eau, protection des zones humides et du littoral, énergies renouvelables,</p>
<p>gestion des déchets, agriculture adaptée au climat et protection du patrimoine naturel.</p>
<p>L’environnement est une obligation, mais aussi une opportunité économique.</p>
<p>13. Faire de la culture et du sport des instruments de cohésion et de développement</p>
<p>Musique, littérature, poésie, artisanat, traditions, villes historiques et paysages forment notre</p>
<p>identité. Il faut les préserver, mais aussi leur donner une dimension économique et éducative,</p>
<p>au service du tourisme, de l’emploi des jeunes et du rayonnement international du pays.</p>
<p>Notre identité se nourrit de notre musique, de notre littérature et de notre poésie, de notre</p>
<p>artisanat et de nos traditions, de nos villes historiques et de nos paysages, mais aussi du sport,</p>
<p>qui rassemble les générations et porte nos couleurs au-delà des frontières. Ce patrimoine vivantdoit être préservé et valorisé comme un levier économique et éducatif, au service du tourisme,</p>
<p>de l&#8217;emploi des jeunes et du rayonnement international du pays. La culture doit rapprocher les</p>
<p>générations et renforcer notre sentiment d’appartenance commune.</p>
<p>Ces orientations tracent la direction, mais elles ne prendront sens que si elles se traduisent en</p>
<p>actes concrets, ordonnés et mesurables. Passer de la Mauritanie d’aujourd&rsquo;hui, riche de ses</p>
<p>ressources et de sa jeunesse mais encore confrontée à des fragilités structurelles, à la</p>
<p>Mauritanie de demain, unie, productive et ouverte sur le monde, exige de choisir, de</p>
<p>hiérarchiser et d&rsquo;agir dans la durée. Tout ne peut être entrepris en même temps, et c&rsquo;est</p>
<p>précisément la clarté des priorités qui fera la différence. En premier lieu, il faut consolider les</p>
<p>fondations sans lesquelles rien ne tient : l&rsquo;unité nationale fondée sur la citoyenneté, un Etat</p>
<p>efficace au service du citoyen et une école profondément réformée. Dans le même temps, il faut</p>
<p>répondre sans délai aux besoins vitaux des populations, au premier rang desquels l&rsquo;eau,</p>
<p>l’électricité, la stabilité des prix et la santé. Sur ces bases, il deviendra possible d&rsquo;engager la</p>
<p>transformation économique : créer de la valeur à partir de nos ressources, libérer l&rsquo;initiative</p>
<p>privée, faire de la jeunesse une force productive, investir dans des infrastructures utiles et</p>
<p>assurer un développement équilibré de toutes les régions. Enfin, il faut dès maintenant</p>
<p>préparer l&rsquo;avenir, en anticipant les mutations technologiques, en préservant notre</p>
<p>environnement et en faisant de la culture et du sport des leviers de cohésion et de rayonnement.</p>
<p>C&rsquo;est dans cet ordre, et avec cette exigence de résultats, que doivent être conçues les actions à</p>
<p>engager.</p>
<p>Telle est la vision que je propose, en tant qu’universitaire, pour répondre à la question qui nous</p>
<p>rassemble : quelle Mauritanie voulons-nous ? Cette réponse ne saurait se limiter à la définition</p>
<p>d&rsquo;un cap, aussi ambitieux soit-il. Une ambition qui ne s’accompagne pas d’un chemin clair et</p>
<p>d’actions concrètes risque de rester un simple vœu. C’est pourquoi j’ai voulu aller au-delà de la</p>
<p>description de la Mauritanie à laquelle nous aspirons, pour proposer une direction à suivre et</p>
<p>des actions à mener, ordonnées selon des priorités. Tracer ce chemin, c&rsquo;est rendre notre rêve</p>
<p>accessible et montrer que la Mauritanie de demain n’est pas une utopie lointaine, mais un projet</p>
<p>réalisable, à condition que nous le portions ensemble, avec lucidité, constance et confiance en</p>
<p>nos capacités. Cette contribution se veut une invitation au débat et à l&rsquo;action. Elle appelle</p>
<p>d’autres regards, d’autres propositions et surtout l’engagement de chacun, car la Mauritanie de</p>
<p>demain se construit dès aujourd&rsquo;hui.</p>
<p>Salem ABEIDNA</p>
<p>Ancien Doyen de la Faculté des Sciences Juridiques et EconomiqueA</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le dialogue ne peut être la caution d’un pouvoir qui prépare la violation de la Constitution</title>
		<link>https://shemsmaarif.info/archives/6667</link>
					<comments>https://shemsmaarif.info/archives/6667#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Sep 2026 17:19:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Personne ne conteste que la Mauritanie ait besoin d’un véritable dialogue national. Ce dialogue-là, en tant qu’exigence de refondation politique, économique et...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Personne ne conteste que la Mauritanie ait besoin d’un véritable dialogue national. Ce dialogue-là, en tant qu’exigence de refondation politique, économique et sociale, nous le revendiquons autant que quiconque. Mais il faut se garder d’une confusion que certains entretiennent, sciemment ou non : l’exigence nationale de dialogue n’est pas le processus que le pouvoir a engagé. Le premier appelle l’adhésion de tous. Le second doit être jugé pour ce qu’il est, à l’aune de ses actes, de ses garanties et des résultats qu’il permet raisonnablement d’espérer.</p>
<p>Or, que nous disent les actes ? Pendant que ce dialogue prétend installer un climat de sérénité, des opposants sont arrêtés, des parlementaires sont empêchés d’exercer leur mandat, des militants sont poursuivis et le général à la retraite Lebbat Ould Maayouf est envoyé en prison pour des faits directement liés à ses positions et à son expression politique. Pendant ce même temps, une campagne organisée parcourt le pays pour préparer l’opinion publique à une violation de la Constitution et à l’instauration d’un troisième mandat. On ne peut demander à l’opposition de discuter sereinement de l’avenir institutionnel du pays au moment précis où l’on prépare les esprits à en piétiner le fondement.</p>
<p>C’est cette campagne, précisément, qui change tout. Elle ne constitue pas un simple incident regrettable en marge du dialogue, elle en modifie la nature même. Un pouvoir qui laisse prospérer une telle entreprise ne peut prétendre, dans le même temps, offrir les garanties d’un processus loyal de réforme. Il faut alors poser la question qui commande toutes les autres : que ce pouvoir est-il réellement prêt à concéder ?</p>
<p>Car le dialogue, pour ne pas être un exercice de façade, doit affronter les questions qui déterminent la possibilité d’une véritable alternance : la carte électorale et le découpage électoral ; la composition et l’indépendance réelle de la CENI ; l’objectivation et la transparence du processus électoral ; le financement des partis et des campagnes électorales ; le régime d’autorisation des partis ; les règles du parrainage ; l’égalité effective entre les acteurs politiques ; les garanties d’une compétition libre et équitable. Ce sont précisément ces mécanismes qui structurent aujourd’hui la domination politique du pouvoir en place. Ce sont eux qui devraient être transformés en profondeur pour que le mot « alternance » cesse d’être une figure de style.</p>
<p>Sur quoi repose alors l’espoir de ceux qui croient possible une telle transformation ? Quel signal concret le pouvoir a-t-il donné qui autoriserait à penser qu’il accepterait de remettre en cause les mécanismes qui assurent aujourd’hui sa propre domination politique ? Il n’est pas sérieux d’attendre d’un pouvoir qu’il consente, par la seule vertu du dialogue, à des réformes qui remettraient en cause les conditions de sa propre reconduction.</p>
<p>Quelques ajustements techniques, quelques concessions marginales ne suffiront pas à inverser cette logique. Faute d’une transformation suffisamment profonde du système électoral, le dialogue n’aura pas créé les conditions de l’alternance. Il aura seulement conféré une légitimité nouvelle à un système qui cherche avant tout à se perpétuer.</p>
<p>Il faut avoir le courage de regarder cette contradiction en face. D’un côté, le pouvoir laisse se déployer une dynamique visant à préparer la violation de la Constitution et la prolongation de son maintien au-delà des limites qu’elle fixe. De l’autre, une partie de l’opposition continue de miser sur un dialogue dont elle attend des réformes électorales profondes, seules capables de rendre l’alternance possible.</p>
<p>Comment ces deux dynamiques pourraient-elles coexister sans que l’une ne finisse par neutraliser l’autre ? Pourquoi continuer à croire que ce processus peut produire une transformation véritable du système lorsque les actes et les orientations du pouvoir semblent, chaque jour, indiquer le contraire ?</p>
<p>Le problème n’est donc pas de savoir si le dialogue est, en principe, une faveur du pouvoir ou un acte de légitimation. Il est de savoir à qui profite concrètement la présence de l’opposition dans un processus mené sous le signe de la répression, de l’intimidation et de la dérive anticonstitutionnelle.</p>
<p>Lorsque l’opposition y participe malgré ces faits, le pouvoir peut s’en servir pour donner à une situation anormale une apparence de normalité : prétendre que le climat politique est apaisé, que les forces vives du pays sont associées au processus et que les institutions fonctionnent normalement. C’est ainsi que la participation, sans que ce soit nécessairement l’intention de ceux qui l’assument, peut se transformer en caution.</p>
<p>Cette caution, de surcroît, ne saurait être donnée au nom d’un dialogue qui ne réunit pas l’opposition dans son ensemble. On ne peut qualifier d’inclusif un processus qui exclut une composante majeure du paysage politique national, celle dont le candidat est arrivé en deuxième position à la dernière élection présidentielle et qui représente une part considérable de l’électorat mauritanien.</p>
<p>Un dialogue qui se prive d’une force politique de ce poids peut réunir des acteurs, produire des échanges et même aboutir à certains accords ; il ne peut prétendre refonder les règles du jeu politique national ni ouvrir une perspective réelle d’alternance.</p>
<p>Il ne suffit pas non plus de s’en remettre à l’espoir d’un sursaut du pouvoir, de lui demander de recadrer son propre parti, de garantir les libertés et de poursuivre l’ouverture proclamée. Les faits démontrent chaque jour l’inverse de ces engagements. L’opposition ne peut fonder sa stratégie sur cette attente. Elle doit assumer ses propres responsabilités et tirer, enfin, les conséquences politiques de la situation qu’elle dénonce depuis trop longtemps.</p>
<p>Elle a déjà avalé trop de couleuvres et subi trop d’humiliations pour continuer d’espérer, sans rien exiger en retour, un dialogue dont les conditions mêmes contredisent l’ambition affichée. Le peuple mauritanien n’attend pas d’elle des déclarations de préoccupation, il attend une position claire, ferme et courageuse, à la hauteur de la gravité du moment. Il ne lui pardonnera ni la résignation ni l’incapacité à saisir ce moment décisif.</p>
<p>Je veux m’adresser directement à mes frères et compagnons de longue date dans le combat démocratique, Mohamed Mouloud, président de l’UFP et Lo Gourmo. Je connais leur engagement constant pour la démocratie, leur attachement aux libertés, leur souci de l’intérêt supérieur de la Mauritanie, et je sais qu’ils mesurent, mieux que quiconque, par leur expérience d’opposants historiques, la gravité de l’heure.</p>
<p>Il est des moments où la responsabilité politique commande de dépasser les calculs tactiques pour regarder l’histoire en face. Je fais confiance à leur sagesse et à leur expérience pour qu’ils prennent, le moment venu, la décision que commandent l’intérêt de la Mauritanie et la gravité de la situation.</p>
<p>J’appelle donc toutes les forces de l’opposition engagées dans ce dialogue à reconsidérer leur participation et à s’en retirer. Je les appelle, dans le même mouvement, à ouvrir entre elles de véritables concertations pour dépasser leurs divisions et adopter, face à ce pouvoir et face aux défis qui se posent au pays, une position commune.</p>
<p>Car la question n’est pas de savoir si nous sommes pour ou contre le dialogue. Nous sommes, sans réserve, pour un véritable dialogue national, libre, inclusif, transparent, capable de refonder les conditions d’une compétition politique loyale. La question est de savoir si le processus aujourd’hui engagé réunit les conditions politiques, institutionnelles et démocratiques permettant d’atteindre cette ambition. Il ne les réunit pas.</p>
<p>Nous ne refusons donc pas le dialogue. Nous refusons de lui servir de caution tant qu’il ne sera qu’un dialogue de façade, pendant que les libertés sont réprimées, que les opposants sont arrêtés et que le pouvoir prépare, jour après jour, les conditions d’une rupture de l’ordre constitutionnel.</p>
<p>Biram ould Dah ould Abeid<br />
13 Septembre 2026</p>
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		<title>Mohamed El Amine Othmane Seck : le désengagement d’un militant face aux dérives du combat des droits humains</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 15:14:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après de longues années d’engagement dans la défense des droits humains, Mohamed El Amine Othmane Seck a rendu public un communiqué empreint...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après de longues années d’engagement dans la défense des droits humains, Mohamed El Amine Othmane Seck a rendu public un communiqué empreint de gravité et de lucidité, dans lequel il annonce son retrait définitif de toute affiliation à des mouvements ou partis politiques. Un choix qu’il décrit comme douloureux mais nécessaire, au nom de la cohérence morale, de la fidélité à ses convictions et de la préservation de l’intérêt national.</p>
<p>Dans son texte adressé à l’opinion publique nationale, le militant revient sur un parcours marqué par le sacrifice, l’isolement et les désillusions. Il rappelle avoir toujours considéré la lutte pour la dignité humaine et la justice comme un engagement éthique, et non comme un tremplin personnel ou un moyen d’accéder à des privilèges. Une précision lourde de sens dans un contexte où, selon lui, le militantisme a parfois été vidé de sa substance.</p>
<p>Mohamed El Amine Othmane Seck déplore en effet que certains acteurs aient instrumentalisé le combat des droits humains à des fins étroites, transformant une cause collective en outil de promotion individuelle. Une dérive qu’il juge contraire à l’essence même du militantisme et qui, selon ses mots, a profondément affecté la crédibilité du mouvement des droits humains.</p>
<p>Le militant souligne également la solitude qu’il a souvent éprouvée dans les moments décisifs, lorsque la fermeté des principes exigeait courage et constance, alors que d’autres choisissaient le silence ou la compromission. Cette marginalisation, assumée mais douloureuse, constitue l’un des fils conducteurs de son témoignage.</p>
<p>Au cœur de son annonce figure une prise de distance claire avec certaines organisations, notamment la mouvance IRA, qu’il cite explicitement. Mohamed El Amine Othmane Seck affirme avoir longtemps gardé le silence sur les préjudices subis, par souci de préserver les points communs dans la lutte. Mais face à ce qu’il décrit comme des reniements répétés et un manque de solidarité dans les moments difficiles, il estime que le maintien de ces liens n’est plus justifiable.</p>
<p>Son retrait ne signifie toutefois ni renoncement ni abandon. Il insiste sur le fait qu’il continuera à défendre les droits humains en tant que citoyen libre, sans tutelle organisationnelle ni calcul politique. Une posture qu’il revendique comme plus fidèle à l’esprit originel de son engagement.</p>
<p>Le communiqué prend également un ton profondément humain lorsque le militant exprime sa gratitude envers les personnes et institutions qui l’ont soutenu durant des périodes de grave fragilité sanitaire, notamment en facilitant son accès aux soins. Pour lui, cette solidarité constitue la preuve que les valeurs d’entraide et d’humanité subsistent, malgré les déceptions.</p>
<p>En conclusion, Mohamed El Amine Othmane Seck réaffirme son attachement indéfectible à la justice, à la dignité humaine et à l’unité nationale, qu’il place au-dessus de toute considération partisane. Son départ des cadres organisationnels apparaît ainsi moins comme une rupture que comme une tentative de sauvegarder l’essentiel : les principes, loin des récupérations et des instrumentalisation politiques.</p>
<p>Un texte rare, à la fois intime et politique, qui interroge l’état du militantisme des droits humains et pose une question fondamentale : comment préserver la pureté des causes justes dans un environnement marqué par les intérêts, les calculs et les renoncements.</p>
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		<title>L’opposition politique constructive… Des questions essentielles sur le rôle et le sens</title>
		<link>https://shemsmaarif.info/archives/3242</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Nov 2025 16:17:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p data-start="167" data-end="761">Dans les systèmes démocratiques modernes, la force d’un État ne se mesure pas uniquement à l’efficacité de son gouvernement, mais également à la capacité de l’opposition à jouer son rôle de manière responsable et constructive. Avec l’évolution de la pratique politique dans de nombreux pays, un concept revient souvent au centre du débat : <strong data-start="507" data-end="542">l’opposition politique positive</strong>. S’agit-il d’une opposition qui bloque ou d’une opposition qui construit ? S’attaque-t-elle aux personnes ou aux programmes ? Cherche-t-elle seulement le pouvoir ou vise-t-elle l’amélioration des politiques publiques ?</p>
<p data-start="763" data-end="838">Ces interrogations ouvrent la voie à une série de questions fondamentales :</p>
<p data-start="763" data-end="838">
<p data-start="840" data-end="1429"><strong data-start="840" data-end="930">Premièrement, l’opposant s’oppose-t-il à la personne du président ou à son programme ?</strong></p>
<p data-start="840" data-end="1429"><br data-start="930" data-end="933" />La distinction entre la personne et la politique est au cœur de toute maturité démocratique. Une opposition fondée sur le rejet individuel glisse facilement vers le conflit personnel, loin de l’intérêt national. En revanche, une opposition axée sur les programmes, les décisions et les priorités publiques constitue un moteur d’amélioration et de transparence. Jusqu’à quel point les oppositions actuelles basent-elles leurs critiques sur des critères objectifs et des propositions alternatives ?</p>
<p data-start="1431" data-end="1959"><strong data-start="1431" data-end="1510">Deuxièmement, l’électeur vote-t-il pour une personne ou pour un programme ?</strong></p>
<p data-start="1431" data-end="1959"><br data-start="1510" data-end="1513" />Dans de nombreux contextes, le choix électoral repose surtout sur la personnalité, l’image sociale ou la proximité émotionnelle avec un candidat. Le programme devient alors un élément secondaire, parfois ignoré. Cette réalité interroge le niveau de culture politique, mais aussi la manière dont les campagnes sont menées. Si l’électeur vote pour une personne plutôt que pour un projet, comment évaluer les résultats une fois l’élection terminée ?</p>
<p data-start="1431" data-end="1959">
<p data-start="1961" data-end="2588"><strong data-start="1961" data-end="2121">Troisièmement, pourquoi les candidats non élus ne proposent-ils pas leurs programmes au président élu pour qu’ils soient intégrés aux politiques publiques ?</strong></p>
<p data-start="1961" data-end="2588"><br data-start="2121" data-end="2124" />Souvent, les programmes électoraux disparaissent immédiatement après les élections, bien qu’ils contiennent parfois des propositions innovantes. Dans une logique d’opposition constructive, ces programmes devraient être transformés en recommandations adressées au président élu, enrichissant ainsi la vision nationale. Pourquoi cette culture du partage de solutions reste-t-elle rare ? Et pourquoi l’intérêt national ne primerait-il pas sur la rivalité électorale ?</p>
<p data-start="2590" data-end="3200"><strong data-start="2590" data-end="2692">Quatrièmement, le candidat cherche-t-il avant tout le “fauteuil” ou l’application d’un programme ?</strong></p>
<p data-start="2590" data-end="3200"><br data-start="2692" data-end="2695" />C’est là l’essence même de la pratique politique. Si l’objectif est uniquement le pouvoir, les discours et les promesses restent des outils électoraux sans continuité. Mais si le but est réellement la mise en œuvre d’un projet politique, alors la coopération devient possible : au sein du gouvernement ou depuis l’opposition constructive. Un candidat convaincu de la pertinence de son programme peut le défendre, même sans victoire électorale, en le proposant comme contribution aux politiques nationales.</p>
<p data-start="3202" data-end="3620">En définitive, une démocratie saine a besoin d’une opposition responsable autant que d’un gouvernement performant. L’opposition constructive n’est ni faiblesse ni renoncement ; elle est un signe de maturité politique et de priorisation de l’intérêt général. Poser ces questions avec sérénité permet d’enrichir le débat public, de renforcer la transparence et de rapprocher davantage les citoyens de l’action politique.</p>
<p data-start="3202" data-end="3620">Alioun Mohamed M’Leiwih</p>
<p data-start="3202" data-end="3620">Redacteur en chef / Brakna Post</p>
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		<title>L’UFD : de l’espoir au néant politique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 May 2025 14:34:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il fut un temps où l’Union des Forces Démocratiques (UFD) incarnait la dignité de l’opposition, la constance dans les principes, et la...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="s4"><span class="s5"><span class="bumpedFont15">Il fut un temps où l’Union des Forces Démocratiques (UFD) incarnait la dignité de l’opposition, la constance dans les principes, et la voix des sans-voix. Ce parti drainait les foules, faisait trembler les palais, et portait l’espérance d’une alternance démocratique réelle. Ce temps-là est aujourd’hui révolu.</span></span></p>
<p class="s4"><span class="s5"><span class="bumpedFont15">Née sur les cendres du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD), l’UFD fut portée par la stature imposante de </span></span><span class="s6"><span class="bumpedFont15">Ahmed Ould Daddah</span></span><span class="s5"><span class="bumpedFont15">, économiste rigoureux, homme d’État respecté, et opposant infatigable. Son nom est indissociable de l’histoire politique contemporaine de la Mauritanie. </span></span></p>
<p class="s4"><span class="s5"><span class="bumpedFont15">En 1992, lors de la première élection présidentielle pluraliste de notre pays, il se hisse au second tour, affrontant à visage découvert un pouvoir encore ancré dans sa logique autoritaire. Ce fut un choc pour l’establishment : la contestation n’était plus clandestine, elle était publique, organisée, populaire.</span></span></p>
<p class="s4"><span class="s5"><span class="bumpedFont15">Durant trois décennies, Ould Daddah a tenu tête aux régimes successifs, souvent au prix de sa liberté. Il a connu l’emprisonnement, les assignations à résidence, la marginalisation. Il a encaissé </span></span><span class="s6"><span class="bumpedFont15">les coups bas, les complots, les trahisons</span></span><span class="s5"><span class="bumpedFont15">, mais n’a jamais quitté le terrain du combat politique. L’UFD fut pendant longtemps la première force d’opposition organisée, celle que l’on craignait, celle qui rassemblait, celle qui structurait l’alternative.</span></span></p>
<p class="s4"><span class="s5"><span class="bumpedFont15">L’apogée du parti reste l’élection présidentielle de 2007, lorsque son leader manque de peu le fauteuil présidentiel, dans un duel historique face à Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Il ne lui a manqué que quelques milliers de voix. À ce moment-là, beaucoup croyaient que le changement était imminent.</span></span></p>
<p class="s4"><span class="s5"><span class="bumpedFont15">Mais le vent a tourné. Les années ont passé. L’âge a pesé sur le corps et l’âme du leader. Le combat a épuisé l’homme. Et le parti, trop centré sur une seule figure, n’a pas su se réinventer. Pas de succession claire, peu de jeunes intégrés, aucune dynamique de renouvellement. L’UFD s’est figée dans une époque, comme si l’histoire s’était arrêtée.</span></span></p>
<p class="s4"><span class="s5"><span class="bumpedFont15">Depuis l’arrivée au pouvoir de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, </span></span><span class="s6"><span class="bumpedFont15">le silence de l’UFD est assourdissant</span></span><span class="s5"><span class="bumpedFont15">. Pas un mot sur les répressions policières, les morts suspectes aux frontières, les arrestations arbitraires. Pas un communiqué, pas une conférence de presse, pas une mobilisation. Le parti, autrefois colonne vertébrale de l’opposition, </span></span><span class="s6"><span class="bumpedFont15">n’a aucun député à l’Assemblée nationale</span></span><span class="s5"><span class="bumpedFont15">. Il est absent de toutes les batailles sociales et politiques actuelles.</span></span></p>
<p class="s4"><span class="s5"><span class="bumpedFont15">Pire : il est divisé. Miné par des luttes internes de légitimité, entre anciens cadres nostalgiques et nouveaux venus sans vision claire. Ce qui devait être un héritage politique fort est devenu un champ de ruines.</span></span></p>
<p class="s4"><span class="s5"><span class="bumpedFont15">L’UFD paie aujourd’hui le prix de </span></span><span class="s6"><span class="bumpedFont15">l’absence d’anticipation, de transmission et d’adaptation</span></span><span class="s5"><span class="bumpedFont15">. Le paysage politique a changé. De nouvelles figures sont apparues, avec d’autres méthodes, d’autres discours, d’autres bases sociales. Et pendant que le monde avançait, l’UFD regardait en arrière.</span></span></p>
<p class="s4"><span class="s5"><span class="bumpedFont15">Mais tout n’est peut-être pas perdu. Car la mémoire politique reste vivante. Le nom d’Ahmed Ould Daddah reste associé à une lutte noble, courageuse, intransigeante. Ce nom-là mérite mieux que l’oubli. Il pourrait encore être le socle d’une renaissance démocratique, si le parti accepte enfin de sortir du silence, de panser ses plaies, et surtout, </span></span><span class="s6"><span class="bumpedFont15">d’ouvrir ses portes à une nouvelle génération d’opposants et de citoyens engagés</span></span><span class="s5"><span class="bumpedFont15">.</span></span></p>
<p class="s4"><span class="s5"><span class="bumpedFont15">La démocratie mauritanienne a besoin d’une opposition forte, crédible et enracinée. L’UFD, si elle le veut, peut encore être cette voix.</span></span></p>
<p class="s4"><span class="s5"><span class="bumpedFont15">Mais pour cela, il faudra </span></span><span class="s6"><span class="bumpedFont15">rompre avec la nostalgie, faire le deuil d’un passé glorieux, et oser construire l’avenir autrement</span></span><span class="s5"><span class="bumpedFont15">.</span></span></p>
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		<title>Birame Dah Abeid accuse le régime d’exploiter les divisions sociales pour asseoir sa légitimité</title>
		<link>https://shemsmaarif.info/archives/267</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 May 2025 21:23:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lors d’un rassemblement tenu à Cincinnati, dans l’État américain de l’Ohio, en clôture de sa tournée auprès de la diaspora mauritanienne, le...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">Lors d’un rassemblement tenu à Cincinnati, dans l’État américain de l’Ohio, en clôture de sa tournée auprès de la diaspora mauritanienne, le député Birame Dah Abeid a lancé un appel fort à l’unité nationale, accusant les autorités mauritaniennes d’alimenter les divisions pour maintenir leur emprise sur le pouvoir.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Selon le</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Correspondant d’Alakhbar sur place Le leader abolitionniste a dénoncé ce qu’il considère comme une stratégie délibérée de propagation de la peur entre les différentes communautés du pays. Il accuse le régime d’entretenir un climat de méfiance, suggérant que certains groupes menaceraient l’existence d’autres, dans le seul but de conserver sa légitimité.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Interrogé sur les obstacles rencontrés dans son action militante, Birame a évoqué des pratiques d’intimidation et des entraves logistiques, comme l’interdiction récente de se déplacer à l’aide d’un simple âne dans la région de l’Aqaba. Pour lui, ces mesures visent à l’affaiblir politiquement et à inciter les jeunes qui le soutiennent à abandonner la voie pacifique. Il a mis en garde : si l’État continue à fermer les voies du dialogue, la radicalisation d’une partie de la jeunesse deviendra une possibilité, à laquelle il se refusera toutefois de participer.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Revenant sur son parcours, Birame Dah Abeid, aujourd’hui âgé de 60 ans, a rappelé qu’il consacre sa vie depuis quatre décennies à la lutte pour les droits humains. Il affirme avoir été emprisonné, torturé et marginalisé en raison d’un engagement qu’il continue de défendre comme essentiel à l’unité nationale et à la stabilité du pays.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Il a également dénoncé les critiques suscitées par ses alliances politiques successives : d’abord avec le parti Sawab, qui avait provoqué l’hostilité de l’ancien régime, puis plus récemment avec des anciens membres de la mouvance FLAM, jugés incompatibles par certains avec cette première coalition. Il regrette que ces démarches, visant selon lui à favoriser le dialogue intercommunautaire, soient systématiquement instrumentalisées pour lui attribuer des intentions de subversion.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Sur la question migratoire, il a estimé que le débat a été artificiellement gonflé pour discréditer son refus de participer à un dialogue politique « sans fondement crédible ». Affirmant qu’il ne « se laissera pas tromper deux fois », il a plaidé pour une politique migratoire claire, respectueuse de la légalité et des droits fondamentaux, à l’image de ce qui se fait aux États-Unis.</span></p>
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		<item>
		<title>Trafic de psychotropes : plongée dans les aveux glaçants de quatre figures clés</title>
		<link>https://shemsmaarif.info/archives/264</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 May 2025 13:45:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un nouveau volet de son enquête approfondie sur l’affaire des “pilules hallucinogènes”, le site d’information AlAkhbar révèle les aveux de quatre...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">Dans un nouveau volet de son enquête approfondie sur l’affaire des “pilules hallucinogènes”, le site d’information AlAkhbar révèle les aveux de quatre accusés clés, mettant en lumière un réseau structuré, ancien et transfrontalier de trafic de psychotropes. Les confessions de Abdallah Mohameden Ahmedou Habiballah, Habiballah Mohameden El-Koury, Adama El Hassan Ibrahima Sy et Mohamed Rabah Ali Bilal dressent le portrait d’une organisation complexe mêlant commerce parallèle, logistique organisée, et complicités à plusieurs niveaux.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Né en 1963 à Rkiz, Abdallah Mohameden Ahmedou Habiballah affirme avoir exercé dans le domaine du trafic de médicaments pendant près de trois décennies, en parallèle d’un commerce de produits cosmétiques à Sebkha. Il reconnaît avoir commencé à vendre des produits pharmaceutiques non autorisés dès 2002, à la suite d’une proposition d’Ahmedou Bamba Mohameden El-Koury. Malgré les mises en garde de son entourage sur la dangerosité de ces substances, il aurait vendu 30 sachets à un client sahraoui via un cousin intermédiaire.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Il déclare également avoir acheté récemment des corticoïdes (dexaméthasone) à un individu surnommé « Beden », et avoir été contacté par Cheikh Ould El Wediaa, également poursuivi dans l’affaire, pour une tentative de vente de boîtes de comprimés – une offre qu’il affirme avoir refusée. Il rapporte enfin avoir été informé par un Sahraoui de la vente de ces produits aux populations locales dans la zone d’Ahfira, près de Bir Moghrein, dans le nord du pays.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Habiballah Mohameden El-Koury, né en 1988 à Rkiz, a pour sa part travaillé entre 2017 et 2018 pour l’entreprise pharmaceutique Al-Wataniya Pharma, dirigée par son frère. Il y assurait des traductions et un suivi administratif. C’est à la suite de la pression de sa mère, inquiète de la disparition de son frère Ahmedou Bamba, qu’il s’est présenté à un poste de gendarmerie – tentative qu’il justifie aujourd’hui comme une simple recherche familiale, bien qu’il ait été arrêté peu après.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Il nie toute implication active, évoquant une relation distante avec Mohamed El Anouar, principal accusé, qu’il dit n’avoir croisé que dans les couloirs de la CAMEC (Centrale d’achat de médicaments essentiels et de consommables médicaux).</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Chauffeur de Mohamed El Anouar, Adama El Hassan Ibrahima Sy, né en 1986 à Akjoujt, reconnaît avoir acheminé plusieurs cargaisons vers différentes régions du pays : Néma, Atar, F’derik, Boutilimit et les deux Hodhs, entre autres. Il détaille notamment un transport de médicaments jusqu’à Atar, où la marchandise fut partiellement transférée vers un véhicule Hilux conduit par El Anouar lui-même, puis livrée à un mystérieux contact athlétique dans la périphérie de F’derik.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Lors d’un autre transport en plein Ramadan, trois véhicules Hilux sont venus réceptionner les produits à F’derik, tandis qu’un quatrième restait vide. Un conflit entre El Anouar et les destinataires a conduit à un changement de plan. Malgré ses doutes, Adama Sy affirme n’avoir jamais été mis au courant de la véritable nature des cargaisons, ni alerté les autorités faute de preuves tangibles.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Mohamed Rabah Ali Bilal, né en 1998 à Arafat, a intégré l’équipe d’El Anouar comme caissier en 2020, avant de gérer des entrepôts dès 2023. Il rapporte avoir pris part à plusieurs opérations de transport, notamment avec le chauffeur El Waleed, dans des véhicules Hilux. Il dit avoir découvert la nature illicite des cargaisons lors d’un trajet à Timbédra, et avoir été sollicité peu avant son arrestation pour récupérer et stocker des sacs de psychotropes dans un dépôt à Arafat.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Ce soir-là, il ouvre un second entrepôt à la demande d’El Anouar, où il est appréhendé par la gendarmerie, avant de les conduire à deux autres lieux de stockage. Il cite également un certain « Al Khomeiny », régulier dans les collectes de marchandises, parfois à bord de plusieurs véhicules.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Toujours selon AlAkhbar, les aveux des prévenus s’inscrivent dans une enquête plus large impliquant 32 personnes, dont 18 placées sous contrôle judiciaire et 11 en détention provisoire. Des dizaines de milliers de sachets de psychotropes, pour la plupart importés d’Inde, auraient été introduits dans le pays. Le dossier implique également plusieurs ressortissants étrangers : Indien, Syrien, Libanais, Algériens, Marocains et Sahraouis.</span></p>
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		<title>Mauritanie : comment éviter le piège des dialogues sans lendemain ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 May 2025 00:40:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>ISS Africa &#8211; Le gouvernement doit garantir la transparence et la concrétisation des résultats du dialogue politique annoncé pour restaurer la confiance...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>ISS Africa &#8211; Le gouvernement doit garantir la transparence et la concrétisation des résultats du dialogue politique annoncé pour restaurer la confiance entre les Mauritaniens.</p>
<p>Le 27 novembre 2024, le Président Mohamed Cheikh El Ghazouani a convié à un dialogue politique national dont le but est de renforcer la cohésion sociale et de consolider le système démocratique en Mauritanie. Ghazouani respecte ainsi une promesse électorale et un engagement important de son programme.</p>
<p>Les avis divergent toutefois sur l’issue de ces assises. La majorité présidentielle qui soutient l’initiative estime qu’il s’agit d’une opportunité pour renforcer la concertation entre les acteurs politiques. Du côté de l’opposition, la prudence prévaut. Elle ne veut pas que ce dialogue soit une répétition des exercices qui ont été organisés par les pouvoirs qui se sont succédé à la tête du pays depuis l&rsquo;avènement de la démocratie en 1992.</p>
<p>Au cours des vingt dernières années, la Mauritanie a organisé cinq dialogues politiques (en 2004, 2005, 2007, 2017 et 2018), sans parvenir à résoudre les problèmes de fond : la fracture sociale qui compromet l&rsquo;unité nationale, la mauvaise gouvernance et la corruption, les dysfonctionnements électoraux, la persistance de l&rsquo;esclavage et ses séquelles, ainsi que le passif humanitaire laissé par les exactions commises par les pouvoirs publics contre les fonctionnaires et militaires négro-mauritaniens entre 1986 et 1991. Ces processus ont jusqu&rsquo;ici échoué à produire des résultats tangibles.</p>
<p>L&rsquo;organisation de ce nouveau dialogue répond donc à une demande maintes fois réitérée par les partis de l&rsquo;opposition. Ils espèrent qu’elle sera l’occasion d’un débat franc qui aboutira à des compromis sur ces défis majeurs.</p>
<p><strong>Cinq dialogues n’ont pas produit des résultats tangibles sur la fracture sociale et le passif humanitaire</strong></p>
<p>La Mauritanie est mobilisée dans cette perspective. Depuis février 2025, des tractations sont en cours pour convaincre le maximum d&rsquo;acteurs politiques et de la société civile à participer à ce nouveau dialogue. Le président Ghazouani a mené une série d’entretiens avec les chefs des formations politiques pour les y convier. Puis, Moussa Fall, nommé coordinateur du dialogue, a entamé des concertations avec les différentes parties prenantes pour discuter des contours de ces assises et s’assurer de leur participation. Des demandes de contributions à la feuille de route du dialogue ont été adressées aux acteurs politiques dont plusieurs ont déjà transmis leurs avis.</p>
<p>Toutefois, certains dirigeants de l’opposition considèrent qu’il y a des préalables pour garantir le succès de l’exercice. Le président de l’Union des forces de progrès demande que Ghazouani garantisse la mise en œuvre des conclusions et la création d’un mécanisme consensuel de suivi. Le parti Alliance pour la justice et la démocratie réclame l’officialisation des langues nationales, le retrait de la loi d’orientation sur l’éducation nationale et l’abrogation de la loi sur les partis politiques.</p>
<p>Le seul qui rejette le dialogue jusque-là est Biram Dah Abeid, dirigeant de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), qui lutte contre l’esclavage. Il était arrivé deuxième aux présidentielles de 2014, 2019 et 2024. Il a comme condition que son parti soit reconnu et exige des garanties pour le règlement définitif du dossier des jeunes tués lors des manifestations à Kaédi à la suite de la proclamation des résultats de la présidentielle de 2024. Il demande également que le dialogue soit transparent, que ses conclusions se concrétisent, et la désignation d’un organe neutre chargé de sa supervision, autre que le ministère de l’Intérieur.</p>
<p><strong>Il faut des garanties sur la mise en œuvre des conclusions et un mécanisme consensuel de suivi du dialogue</strong></p>
<p>Le dialogue en préparation est déjà confronté aux positions antagonistes de certains acteurs sur des sujets comme la place des langues nationales, la discrimination raciale, le passif humanitaire et l’esclavage.</p>
<p>Les nationalistes arabes considèrent qu&rsquo;il n&rsquo;est pas opportun d&rsquo;aborder ces questions qui touchent à l&rsquo;identité du pays et à la cohésion nationale. Leur déchaînement, ces jours-ci, sur les réseaux sociaux et dans la presse, exprime leur détermination à s&rsquo;opposer coûte que coûte à des discussions là-dessus.</p>
<p>De leur côté, les militants négro-mauritaniens et l’IRA sont a priori convaincus que ce dialogue ne sera pas différent des précédents, lesquels n&rsquo;ont servi, selon eux, qu&rsquo;à faire gagner du temps aux gouvernements successifs. Ils exigent des garanties sur des débats qui porteront sur tous les sujets sans restriction, notamment sur la coexistence entre les communautés et l&rsquo;esclavage, mais aussi sur l&rsquo;engagement personnel du président à appliquer les recommandations des assises.</p>
<p>Malgré les appréhensions des opposants, les efforts pour les persuader à participer se poursuivent.</p>
<p><strong>Mal mené, ce dialogue pourrait creuser davantage le fossé politique menaçant la stabilité du pays</strong></p>
<p>De façon générale, l’opinion et les forces démocratiques mettent en avant la nécessité de trouver une entente nationale sur les questions évoquées, en particulier celles qui divisent les mauritaniens et constituent une menace pour la paix, la cohésion et la justice sociales. La solution pourrait venir du conclave qui se profile.</p>
<p>Si les autorités veulent rompre avec la tradition des dialogues sans lendemain, elles devront aller au-delà des annonces. Le président Ghazouani s’est voulu rassurant à ce sujet, le 11 mars 2025, face aux chefs des partis de la majorité et de l’opposition, en exprimant son engagement à organiser un dialogue qui permettra de résoudre définitivement les questions fondamentales de l&rsquo;unité nationale et de la bonne gouvernance du pays.</p>
<p>La réussite de ce dialogue dépendra de sa capacité à traiter des questions sensibles sans tabou, dans un cadre transparent, inclusif et accompagné d&rsquo;actes concrets à travers un mécanisme consensuel et indépendant chargé du suivi de la mise en œuvre des recommandations. Ce dialogue devra être un moteur de changement. À défaut, il pourrait creuser davantage le fossé politique qui menace la stabilité de la Mauritanie.</p>
<p><strong>Par Hassane Koné</strong></p>
<p>chercheur principal, bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel</p>
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		<title>La FIBA-Monde célèbre la mémoire de Feu Ndiaga Dieng</title>
		<link>https://shemsmaarif.info/archives/139</link>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 May 2025 00:38:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Sports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Monsieur Youssouf Fall, Président de la Fédération Mauritanienne de Basket-ball a réussi à inscrire au Congrès mondial de la FIBA-MONDE, un message...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Monsieur Youssouf Fall, Président de la Fédération Mauritanienne de Basket-ball a réussi à inscrire au Congrès mondial de la FIBA-MONDE, un message visant à célébrer la mémoire de Feu Général Ndiaga Dieng, ancien président de la Fédération de 1995 à 2015.</p>
<p>La vidéo relative à ce grand dirigeant du Basket-ball Mauritanien a été projetée ce vendredi 16 mai 2025 à Bahreïn, à l&rsquo;ouverture officielle du congrès, et en présence de 165 présidents de fédérations nationales.</p>
<p>Mettant à profit sa participation à ce conclave, le président de la FBBRIM s’est entretenu tour à tour avec les présidents de FIBA-Monde et FIBA Afrique et des sommités du basket-ball.</p>
<p>Le patron du basket-ball mauritanien prend part depuis le 14 mai dernier, aux travaux de l&rsquo;Assemblée générale de mi-mandat de la Fédération internationale de basket-Ball (FIBA).</p>
<p><strong>FBBRIM</p>
<p></strong></p>
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		<title>Personnalité publique réfute les accusations de racisme et clarifie sa position sur la migration</title>
		<link>https://shemsmaarif.info/archives/78</link>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Apr 2025 00:13:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans une déclaration publiée ce mercredi, une personnalité publique mauritanienne a tenu à répondre aux vives critiques suscitées par ses récentes prises...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="" data-start="102" data-end="475">Dans une déclaration publiée ce mercredi, une personnalité publique mauritanienne a tenu à répondre aux vives critiques suscitées par ses récentes prises de position sur la question migratoire. Visé par des commentaires l’accusant de racisme, l’auteur a dénoncé ce qu’il qualifie d’« offense grave » et a apporté une série de clarifications jugées nécessaires.</p>
<p class="" data-start="477" data-end="821">« Le racisme n’est ni une orientation ni un choix pour moi. Je le considère comme un mal fondamental, contraire à l’islam, à l’unité nationale et à la coexistence entre les différentes composantes de notre société », a-t-il affirmé. Il a ajouté que toute discrimination fondée sur la couleur ou l’origine revient à contester la création divine.</p>
<p class="" data-start="823" data-end="1173">Concernant la régulation de la migration, il a rappelé qu’il s’agit d’une prérogative étatique légitime, à condition que deux principes soient respectés : l’égalité de traitement entre tous les migrants, sans distinction d’origine géographique ou ethnique, et le respect des droits humains dans toutes les procédures de régularisation ou d’expulsion.</p>
<p class="" data-start="1175" data-end="1503">L’intervenant a insisté sur l’importance d’adopter une approche fondée sur la justice et l’équité : « Notre pays, la Mauritanie, possède des prolongements au nord comme au sud. Il est de notre devoir de préserver des relations fraternelles avec tous nos voisins et de rejeter toute forme de xénophobie ou de repli identitaire. »</p>
<p class="" data-start="1505" data-end="1701">Il a conclu en rappelant que l’avenir de la Mauritanie réside dans sa capacité à vivre harmonieusement dans la diversité, en promouvant une citoyenneté égalitaire et une justice accessible à tous.</p>
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