Une pétition adressée aux Nations unies et à l’Union africaine dénonce ce que ses auteurs considèrent comme un traitement sélectif de la question de l’esclavage dans les instances internationales. Le document critique notamment la position de l’Union africaine ainsi que la résolution adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU le 25 mars dernier sur l’esclavage atlantique.
Les signataires estiment que cette approche passe sous silence d’autres formes d’esclavage ayant marqué l’histoire et dont les conséquences demeurent encore perceptibles aujourd’hui. Ils dénoncent notamment « l’omission » de l’esclavage endogène pratiqué dans certaines sociétés africaines ainsi que de la traite orientale, transsaharienne et arabo-musulmane.
Selon les initiateurs de la démarche, cette lecture partielle de l’histoire contribue à entretenir une forme d’impunité autour de pratiques qui subsistent encore dans plusieurs régions du continent africain et du monde arabo-musulman. Ils soulignent le combat mené par de nombreuses associations et personnalités engagées contre les séquelles de l’esclavage et les discriminations héritées de ces systèmes.
Dans ce contexte, une organisation non gouvernementale mauritanienne engagée dans la lutte contre l’esclavage, fondée et dirigée par un descendant d’esclave issu du milieu arabo-berbère mauritanien, organise à Bruxelles un colloque international les 19 et 20 juin. La rencontre réunira des parlementaires, des défenseurs des droits humains et plusieurs acteurs de la société civile autour des questions liées aux différentes formes historiques et contemporaines de l’esclavage.
Les promoteurs de la pétition espèrent une large participation ainsi qu’une couverture médiatique internationale afin de porter le débat sur la scène mondiale et de plaider pour une reconnaissance plus exhaustive de toutes les formes d’esclavage et de leurs héritages.
