Des organisations abolitionnistes européennes affiliées à IRA-Mauritanie ont publié une déclaration conjointe dans laquelle elles expriment leur vive inquiétude face à ce qu’elles qualifient d’escalade des menaces et des actes d’intimidation visant le président d’IRA-Mauritanie et député, Biram Dah Abeid.
Les ONG citent notamment un message publié le 18 juillet sur Facebook par Vadili Raiss, ancien haut responsable de l’État, affirmant qu’« il est temps de mettre fin aux activités de Biram ». Elles évoquent également un article publié le lendemain par l’ancien président de la Cour suprême, Seyid Ould Elghaylani, qu’elles considèrent comme un appel à l’élimination de l’opposant.
Selon les signataires, ces prises de position interviennent dans un contexte marqué par des menaces, des agressions et des actes de harcèlement visant Biram Dah Abeid, son épouse, sa famille et ses partisans. Elles estiment que ces déclarations, émanant d’anciens hauts responsables de l’État, constituent un risque sérieux pour leur sécurité.
La déclaration revient également sur le parcours des deux personnalités mises en cause, rappelant les fonctions qu’elles ont occupées au sein de l’appareil d’État, notamment durant la période des événements liés au « passif humanitaire », marquée par de graves violations des droits humains en Mauritanie.
Les ONG affirment par ailleurs que plusieurs militants proches d’IRA sont actuellement détenus, parmi lesquels des femmes, des lanceuses d’alerte, une journaliste-blogueuse ainsi que les députées Mariem Cheikh Samba Dieng et Ghamou Salem Achour. Elles dénoncent des poursuites et des entraves à l’exercice de leur mandat parlementaire.
Dans leur déclaration, les organisations appellent les institutions de l’Union européenne, ses États membres ainsi que la communauté internationale à interpeller les autorités mauritaniennes. Elles demandent notamment d’assurer la protection de Biram Dah Abeid et de ses proches, de garantir le bon déroulement des enquêtes sur les menaces et agressions dénoncées, de libérer les militants qu’elles qualifient de détenus d’opinion et de respecter les décisions du Conseil constitutionnel concernant les droits parlementaires des deux députées.
Les signataires réclament également l’ouverture d’enquêtes judiciaires sur les déclarations de Vadili Raiss et de Seyid Ould Elghaylani, ainsi que sur d’autres affaires d’agressions et de menaces qu’elles attribuent à des responsables ou à des personnes nommément citées dans leur communiqué.
La déclaration est signée par les sections d’IRA en France, en Belgique, en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas. Elle est datée du 21 juillet 2026 et lancée depuis Paris, Bruxelles, Rome, Berlin et Amsterdam.




