La capacité de la nouvelle installation de traitement de la turbidité de la station de Beni Naji à faire face à l’augmentation du taux de matières en suspension dans les eaux du fleuve a suscité un débat entre deux grandes figures du journalisme mauritanien : El Haiba Cheikh Sidaty et Chenouf Maloukiv.

Deux journalistes expérimentés et reconnus dans le paysage médiatique national, mais dont les angles de lecture de l’action publique diffèrent. Le premier est souvent considéré comme un observateur critique des politiques gouvernementales, mettant régulièrement l’accent sur les insuffisances et les interrogations liées aux projets publics. Le second adopte généralement une approche davantage axée sur l’analyse des résultats et la mise en valeur des réalisations des autorités.

Dans une publication récente, El Haiba Cheikh Sidaty a exprimé des interrogations sur la capacité de la nouvelle infrastructure à répondre efficacement à la hausse de la turbidité durant la saison des pluies. Il a indiqué que le niveau de turbidité des eaux du fleuve à proximité de la station de Beni Naji avait atteint 2 183 NTU, alors que la production se maintenait autour de 6 200 mètres cubes par heure. Il s’est demandé si ce qui avait été présenté comme « la grande installation » lors de sa mise en service pourrait supporter durablement ces conditions.

De son côté, Chenouf Maloukiv a choisi de répondre par une analyse comparative basée sur les chiffres. Il a rappelé que, le 21 juillet de l’année précédente, un taux de turbidité de 1 100 NTU avait entraîné une baisse de la production à 4 625 mètres cubes par heure, soit une diminution d’environ 1 500 mètres cubes par heure.

Selon lui, le 21 juillet 2026, malgré un taux de turbidité atteignant 2 603 NTU, soit plus du double du niveau enregistré à la même période un an auparavant, la production est restée proche de son niveau habituel, avec environ 6 047 mètres cubes par heure. Il estime que cette stabilité démontre l’efficacité de la nouvelle installation, qui aurait permis d’améliorer les capacités de traitement et de maintenir la production malgré la dégradation de la qualité de l’eau brute.

Au-delà de leurs positions respectives, cet échange illustre deux approches journalistiques différentes face à une même problématique : l’une fondée sur la vigilance, le questionnement et le contrôle de l’action publique ; l’autre privilégiant l’examen des données et l’évaluation des performances enregistrées.

Mais au-delà de ce débat technique, une réalité demeure : pour de nombreux habitants de Nouakchott, la question la plus concrète reste celle de l’accès quotidien à l’eau. Car malgré les chiffres avancés et les performances annoncées, des robinets dans plusieurs quartiers de la capitale restent encore secs, rappelant que l’efficacité d’une infrastructure se mesure avant tout à son impact réel sur la vie des citoyens.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *