Coup de tonnerre sous la coupole de l’Assemblée nationale. Le député Mohamed Lemine Ould Sidi Mouloud a révélé mardi des pratiques qu’il qualifie de « graves » au sein du Parlement mauritanien. Selon lui, certains députés serviraient d’informateurs auprès de ministres et de hauts responsables administratifs, à qui ils transmettraient des propos échangés dans l’enceinte parlementaire, moyennant des sommes d’argent qu’il estime parfois dérisoires : « pas plus de 200 000 anciennes ouguiyas », a-t-il précisé.
Dans une intervention tendue, Ould Sidi Mouloud a dénoncé « une dérive inquiétante », affirmant que certains de ses collègues semblent ignorer leur véritable rôle : « Certains se comportent comme des émissaires du gouvernement au sein du peuple, plutôt que comme des représentants du peuple face au gouvernement », a-t-il déploré. Il s’est également dit choqué de voir des députés « applaudir des ministres à l’intérieur même du Parlement », considérant ce geste comme contraire à la solennité de leur fonction.
Face à la gravité de ses accusations, le vice-président de l’Assemblée nationale et président de séance, Hassan Cheikh Baha, est intervenu pour qualifier les propos de « déplacés et offensants envers les élus », exigeant leur retrait immédiat. Refus catégorique du député, qui a rétorqué : « Je ne fais que rapporter ce que disent les ministres et les directeurs. Je le jure devant vous. »
L’incident a donné lieu à une passe d’armes verbale de près de dix minutes entre les deux élus. Ce climat tendu est intervenu alors que le député répondait au ministre des Affaires islamiques au sujet du projet controversé de la Grande Mosquée, annoncé depuis 2013 mais resté à l’état de promesse sous les présidences successives de Mohamed Ould Abdel Aziz et Mohamed Ould Ghazouani.




