Le député mauritanien et président de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), Biram Dah Abeid, a lancé mardi soir un appel au peuple mauritanien à s’unir autour d’un projet national de changement. Depuis Paris, où il séjourne brièvement, l’opposant a dénoncé la mainmise d’une “caste de corrompus” sur le pouvoir, accusée de perpétuer la mauvaise gouvernance, la corruption et le détournement des ressources publiques.

Dans une déclaration virulente, Biram a fustigé un régime qu’il juge moralement et politiquement défaillant. Il affirme avoir quitté “des villes assoiffées, des campagnes plongées dans l’obscurité et un peuple accablé par la misère”, tout en rejetant les accusations portées contre lui par le pouvoir, qui tenterait, selon lui, de le présenter comme un partisan de la violence. Il réitère que son combat est pacifique et conforme à la légalité.

Le député a également dénoncé ce qu’il appelle une “stratégie de division” orchestrée par les autorités à travers des clivages communautaires et raciaux, visant à maintenir un système corrompu. Il accuse le régime de “diaboliser certaines forces politiques” et de les marginaliser sur des bases ethniques.

Biram Dah Abeid précise que la “caste dirigeante” qu’il souhaite neutraliser ne correspond pas à une communauté particulière, mais à un réseau transversal de responsables corrompus issus de toutes les composantes sociales du pays.

Il a toutefois salué certains dirigeants qu’il considère comme des exceptions dans l’histoire politique de la Mauritanie, notamment les anciens présidents Moktar Ould Daddah et Sidi Ould Cheikh Abdallahi, ainsi que les officiers Ahmed Ould Bouceif, Mohamed Ould Dah Ould Abdelkader (Kader) et Ahmed Salem Ould Sidi Ould Mohamed Lehbib, qu’il estime n’avoir ni pris ni convoité le pouvoir par la force.

L’opposant a conclu en appelant les Mauritaniens, “selon leurs moyens, leurs capacités et leur patience”, à rejoindre un large mouvement pour le changement. Un affrontement qu’il décrit comme celui des “libres citoyens” contre la “caste des corrompus”, avec pour objectif la restitution du pouvoir au peuple et l’éradication de toutes les formes de corruption.

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