La plainte déposée par le député Biram Dah Abeid continue de provoquer de fortes tensions au sommet de l’État. Devant les députés, le Premier ministre a révélé avoir personnellement contacté à trois reprises le ministre de la Justice afin de s’enquérir du suivi de ce dossier sensible.

Quelques jours plus tard, lors d’une conférence de presse, Biram Dah Abeid est monté au créneau contre le ministre de l’Intérieur, tenant à son encontre des propos particulièrement virulents, frôlant l’invective et ravivant une séquence politique déjà marquée par une forte crispation.

Vingt-quatre heures après cette sortie médiatique, le ministre de la Justice, pourtant réputé pour son calme et sa retenue, est à son tour intervenu publiquement. Sans détour, il a qualifié le député de « menteur », estimant que ses déclarations relevaient davantage de la polémique que d’une démarche institutionnelle responsable.

Au-delà de l’échange musclé entre responsables publics, cette nouvelle polémique relance le débat sur la stratégie politique de Biram Dah Abeid. À force de diatribes répétées, le député semble pousser aussi bien ses partisans que ses opposants à adopter une posture de confrontation à son égard, contribuant progressivement à son isolement sur la scène politique.

À ses côtés, deux femmes députées de son courant se distinguent régulièrement par des propos jugés insultants envers les Mauritaniens, accentuant le malaise et élargissant le fossé avec une partie de l’opinion publique. Une dynamique qui contraste avec l’image de défenseur des causes sociales que Biram Dah Abeid a longtemps revendiquée.

Il convient de rappeler que le député fut l’un des premiers acteurs politiques à tenir des propos particulièrement durs, y compris à l’égard d’érudits et de figures religieuses mauritaniennes. S’il avait, depuis, semblé modérer son discours — « mettant de l’eau dans son zrig » —, les développements récents laissent entrevoir un retour à une rhétorique frontale, aux conséquences politiques potentiellement lourdes.

Yedaly Fall

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