Des membres du gouvernement, ont commenté mercredi, les résultats du conseil des ministres qui s’est déroulé plus tôt dans la matinée. Il s’agit des ministres de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, M. Houssein Ould Meddou, de la Pêche, des Infrastructures maritimes et portuaires, M. Moctar Ahmed Bouceif, de l’Habitat, de l’Urbanisme, de l’Aménagement du territoire, Mme Naha Hamdi Mouknass, de l’Environnement et du Développement durable, Mme Messouda Baham Laghdaf.

Dans son mot introductif, le porte-parole du gouvernement a indiqué que le conseil a examiné et adopté plusieurs projets de décrets et des communications, dont ceux relatifs aux modalités d’obtention de permis de construire numériques, à la gestion des déchets solides et la mise en exploitation du port de N’Diago. Il a ensuite invité ses homologues ministres, chacun en ce qui le concerne, à apporter davantage de précisions.

A sa suite, la ministre de l’Habitat est revenue sur les grandes lignes du projet de décret régissant l’obtention des permis numérique de construire, toutes catégories confondues, ainsi que les modes de paiements consacrés pour les frais y afférents. Selon elle, le texte permettra la mise en place de guichets uniques, dès la semaine prochaine, afin de faciliter la délivrance des permis de construire. Grace au nouveau texte, une plateforme verra le jour afin de permettre aux ayant-droits, de solliciter et obtenir à distance, le précieux sésame. D’après la ministre, le dispositif a été élaboré en collaboration avec plusieurs départements dont ceux de l’intérieur, de la transition numérique et des Finances.

Poursuivant, la ministre a déclaré que ce nouveau dispositif, outre la simplification de l’accès des citoyens aux services publics, vise aussi à garantir le respect des lois et règlements en matière de construction et du respect des normes de sécurité. Par la même occasion, le nouveau texte contribue à renforcer le suivi des processus d’accès au permis de construire et favoriser plus de transparente dans la gestion des recettes (frais liés aux permis de construire).

La ministre a assuré que toutes les dispositions ont été prises, pour que les équipes constituées, soient prêtes à mettre en œuvre cette mesure.

Interpellés sur les responsabilités partagées entre son département et celui des Domaines, la ministre a estimé qu’il ne s’agit pas d’un frein à la gestion du patrimoine et de l’urbanisation. Pour elle, il est plus tôt question de complémentarité, nécessaire pour venir à bout des défis auxquels le secteur est confronté.

A son tour, la ministre de l’Environnement a fait une présentation du projet de décret d’application de la loi relative à la gestion des déchets solides. Il vient enrichir l’arsenal juridique de la Mauritanie, pour la protection de l’environnement et la promotion du développement durable a souligné la ministre. Elle a rappelé que le développement durable fait partie des axes stratégique du programme “Mon ambition pour la patrie” du Président de la République.

La ministre a rappelé que la Mauritanie a des engagements au niveau international, résultants des conventions de Stockholm, Rotterdam et Bâle qui constituent le cadre mondial en matière de gestion des déchets dangereux, les produits chimiques, visant à terme à préserver la santé et l’environnement. Ainsi, selon la ministre, le décret permet de définir les procédures qui encadrent toute la chaine de gestions des déchets solides (production, collecte, transport, traitement et élimination). Le texte est structuré autour de 4 chapitres détaillant les éléments évoqués plus haut.

Interpellée sur les actions de son ministère, la ministre a dressé un bilan succinct d’actes et mesures qui vont dans le sens de la préservation de l’environnement du développement durable. Ainsi, dans le cadre de “Mes ambitions pour la patrie”, l’émergence de l’économie verte était un des indicateurs, notant que l’indicateur majeur est lié à la promotion de l’énergie renouvelable, a-t-elle souligné. Et à ce propos, elle a relevé que la Mauritanie est un des pays modèles, au niveau de la sous-région en matière de mix énergétique (+30%). Elle a aussi évoqué la lutte contre la désertification et la fixation des dunes à travers le reboisement et la protection de zones sensibles. En matière de gestion des déchets solides, la ministre a égrainé un chapelet de textes mis en place, afin de réviser la gouvernance, renforcer les contrôles ainsi que les sanctions.

En outre, elle a déclaré qu’aucune entreprise minière n’est au-dessus des lois. Pour étayer son propos, la ministre a signalé l’envoie de missions d’inspections au niveau de Tasiast et MCM, notamment en ce qui concerne la gestion des déchets, l’usage de produits chimiques tels que le cyanure ou encore la pollution de l’air.

De son côté, le ministre de la Pêche a exposé les points saillants de sa communication relative à la mise en exploitation, à la gestion et au développement du port multifonction de N’Diago. Il a rappelé que la Mauritanie a investi plus de 300 millions de dollars afin de faire du port de N’Diago un catalyseur de développement. Selon lui, il est situé dans un endroit stratégique, près des zones agricoles, du Sénégal voisin, entre autres atouts. Cela intervenait au moment où la pression était forte sur celui de Nouakchott, tandis que celui de Nouadhibou a des capacités limités… Malheureusement, affirme le ministre, la réalisation de cet ouvrage n’a pas englobé le raccordement aux réseaux d’électricité, d’eau et de routes nécessaires à son exploitation.

Afin de remédier aux manquements qui empêchent le port de jouer le rôle qui est le sien, un cadre stratégique nouveau a été pensé autour du partenariat public-privé. Pour lui, ce modèle est l’idéal pour préserver les ressources engagées par l’État et l’opérationnalisation de l’infrastructure. Le port, a-t-il dit, doit être au cœur du pôle de développement, rappelant que la centrale de 225KW sera construite juste à côté.

De ce fait, le PPP, qui a déjà identifié des acteurs motivés, verra un opérateur privé se charger de la gestion du port, qui mettra en place tout l’outillage portuaire à la hauteur des ambitions du port, en termes de manutention, logistique ou encore la viabilité économique.

Par ailleurs, répondant à une question sur la cherté du prix du poisson, le ministre a réaffirmé que la Mauritanie est un pays libéral. De ce fait, la fixation du prix de cette denrée est impactée par le rapport entre l’offre et la demande. Le ministre a indiqué que les quantités pêchées à destination du marché local, sont en deçà des besoins. Pour le ministre, la pêche artisanale peine à trouver des mauritaniens qui viennent booster sa production. Il a toutefois indiqué que l’État s’emploie, toujours, à faire en sorte que les prix des denrées impactent le moins le portefeuille des citoyens.

Justement, en cette veille du ramadan, le ministre a fait un point sur les mesures prises par l’État pour faciliter l’observation du jeûne. D’après lui, près de 14 milliards d’ouguiyas ont été mobilisés, pour que les 9 foires (1 dans chaque moughataa de Nouakchott) soient approvisionnées en denrées de première nécessité, en permanence. Les prix y seront abordables (semblables à ceux du marché central). Il a précisé que les prix sont subventionnés et qu’un mécanisme a été adopté pour la préservation et valorisation des produits locaux.

Au niveau des capitales régionales, plusieurs points de vente seront implantés afin de servir les populations. Et cela, en coordination avec divers acteurs dont Taazour et la société de distribution de poisson au profit d’une dizaine de milliers de familles, a-t-il annoncé. Outre l’accès aux denrées à des prix subventionnés, des cash transferts sont également prévus.

Allant dans le même sens, le porte-parole du gouvernement a précisé que l’État est accompagné dans cette opération ramadan, par l’Union Nationale du Patronat Mauritanien (UNPM). Il a rappelé que l’année passée, des baisses de prix comprises entre 12 et 32% ont été enregistrées. D’ailleurs, récemment, un accord a été trouvé avec le secteur privé, pour la fixation des prix des denrées. Celui-ci est évalué chaque 3 mois.

Répondant à diverses questions, le porte-parole du gouvernement a assuré que l’État est soucieux du bien être de tous ses citoyens, ou qu’ils soient. L’interpellation avait trait à la situation des mauritaniens qui ont immigré aux États-Unis via les routes de l’Amérique du Sud. Il a déclaré que la migration est une chose normale et que tout doit se faire dans le respect des lois et procédures en vigueur (être en situation régulière).

Enfin, le porte-parole a déclaré que la Mauritanie est un État de droit, où la liberté d’expression est consacrée. Toutefois, il a estimé qu’elle doit s’exercer dans la stricte dignité humaine et des lois.

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