La tension politique a récemment franchi un cap préoccupant. Plusieurs députées ont multiplié les attaques virulentes contre le Président de la République, allant jusqu’à viser son épouse. Le Premier ministre ainsi que les ministres de l’Intérieur et de la Justice ont également été pris pour cibles, sous l’impulsion du député Birame Dah Abeid.
Si la liberté d’expression est au cœur de toute démocratie, elle ne saurait justifier l’invective ni l’atteinte à la dignité des personnes. Les élus, investis de la confiance populaire, ont un devoir d’exemplarité. Dans leurs paroles comme dans leurs actes, ils doivent incarner le respect des institutions et contribuer à élever le niveau du débat public.
Un autre risque apparaît : celui d’une émulation dans le mauvais sens. Par le passé, Birame Dah Abeid s’était déjà illustré par des propos virulents, mais l’absence des réseaux sociaux limitait alors leur impact. Aujourd’hui, chaque déclaration est instantanément amplifiée, accentuant les tensions et banalisant l’outrance.
Enfin, la question de l’égalité devant la loi se pose. D’autres députés ont vu leur immunité parlementaire levée pour des faits jugés moins graves. Cette apparente disparité nourrit le doute : tous les élus sont-ils réellement soumis aux mêmes règles ?
Dans un État de droit, nul n’est au-dessus des lois. La crédibilité des institutions et la confiance des citoyens exigent une application équitable des principes républicains et un débat politique ferme, mais responsable.




