La page Facebook du Premier ministre Moctar Ould Diaye connaît, depuis quelques jours, une activité inhabituelle. En l’espace de deux heures seulement, plusieurs publications ont été mises en ligne pour vanter les réalisations de son gouvernement et rappeler leur inscription dans les engagements du président de la République Mohamed Ould Cheikh Ghazouani.
Une telle frénésie communicationnelle n’a rien d’innocent. Elle intervient dans un contexte politique tendu où le Premier ministre se retrouve sous le feu croisé de critiques multiples. Tandis que certains « tirs amis » proviennent de cercles censés lui être favorables, les jeunes revendeurs de téléphones mobiles occupent quotidiennement les rues de Nouakchott pour dénoncer les taxes imposées sur ces appareils, une mesure qui alimente un mécontentement croissant. Fait plus embarrassant encore pour l’exécutif, plusieurs formations de la majorité présidentielle, y compris le parti Insaf, ont également exprimé leurs réserves face à cette fiscalité contestée.
Dans cet environnement chargé, les réseaux sociaux se sont transformés en véritable champ de bataille. Journalistes, blogueurs et militants numériques proches du Premier ministre se livrent à une confrontation sans merci avec ses détracteurs, chacun tentant d’imposer son récit dans une guerre d’influence qui se joue désormais à coups de publications, de commentaires et de contre-arguments.
Reste que cette offensive médiatique peine à dissiper une perception persistante dans l’opinion publique. Moctar Ould Diaye traîne encore l’ombre de son passé politique : beaucoup n’ont pas oublié les louanges outrancières qu’il adressait, durant la décennie azizienne, à l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, allant jusqu’à affirmer qu’Aziz valait plus que l’eau et l’électricité. Cet excès d’admiration constitue un handicap lourd : rien de ce qu’il entreprend aujourd’hui ne semble pouvoir laver cette image, et, pour ses détracteurs, chaque nouvelle déclaration ne fait que la renforcer.




