Je vois déjà des doigts accusateurs se pointer vers moi mais je suis vacciné contre la peur de choquer quand il le faut. En effet, nous ne pouvons avancer que si nous supportons d’entendre ce qu’on ne veut pas entendre. On parle de dialogue, on s’y prépare، on en discute les termes de référence. C’est une excellente chose, même si la légitimité de la plupart de ceux qui doivent y participer est plus que douteuse. Et si les conclusions de ce simulacre de baptême tardif de la Mauritanie ne peuvent avoir aucune force de loi. Mais si nous oublions ces réalités pourtant simples، d’autres plus évidentes s’imposeront à nous et doivent au moins nous amener à poser des questions simples auxquelles « le chacal à l’est de Oualata » se posera nécessairement à notre place.
Je ne pose pas la question de savoir si nous sommes sûrs que les clauses du contrat social attendu garantiront la transparence requise pour nous donner le bonheur et la tranquillité d’avoir bien élu le ou la présidente de notre choix. Je ne me pose pas non plus la question de savoir si nous sommes sûrs d’avoir un homme ou une femme (parce qu’il y a des femmes officiers) meilleur que le Président actuel? Nous avons toujours été moins intelligents que le caméléon qui ne lâche une branche qu’après avoir bien tenu la suivante!!
Si nous n’avons pas la force et le courage d’imposer le respect des règles de transparence électorale (qui nous manquent hélas), pourrons- nous être sûrs d’avoir, au bout du compte, un président meilleur que celui que nous avons?
Si nous arrivons à élire un nouveau président, quelle force et surtout quel moyen juridique aurons-nous pour lui imposer l’application des clauses d’un contrat conclu avec son prédécesseur?
Que personne ne m’accuse. Je ne plaide pas pour transgresser la règle sacro-sainte de l’alternance au pouvoir. Mais je pense sincèrement que sans instruments juridiques pouvant imposer à tout président élu d’exécuter les clauses résultant du dialogue, il serait mieux de conserver celui qui les aura négociées et acceptées publiquement.
Isselmou Ould Abdel Kader




