Le député et président de l’ONG IRA, Biram Dah Abeid, a vivement mis en cause la gouvernance du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, qu’il accuse d’entretenir des pratiques favorisant la corruption dans le secteur des carburants. Il estime notamment que l’insuffisance des capacités de stockage profiterait à des intermédiaires liés au pouvoir, en leur permettant d’accroître leurs bénéfices.
Lors d’un point de presse tenu à Nouakchott, il a soutenu que les autorités chercheraient à détourner l’attention des difficultés économiques et sociales en alimentant des débats identitaires, en particulier autour de la communauté haratine. Selon lui, cette orientation contribue à déplacer les priorités nationales vers des clivages communautaires.
L’opposant affirme par ailleurs que les ressources publiques mobilisées dans l’entourage du pouvoir pourraient suffire à financer plusieurs infrastructures de stockage stratégiques, susceptibles d’améliorer la gestion de la crise.
Sur le plan économique, il critique les choix du gouvernement, qu’il accuse d’avoir privilégié des hausses de prix et des prélèvements sur les ménages plutôt que des mesures de soutien. Il compare cette approche à celle de pays qui disposent de réserves permettant d’amortir les effets des crises.
Biram Dah Abeid a également dénoncé les arrestations de militants et ce qu’il considère comme une instrumentalisation des tensions sociales, évoquant une continuité avec certaines pratiques politiques du passé.
Enfin, il a exhorté les acteurs du système judiciaire à ne pas appliquer des décisions qu’il juge contestables, affirmant que les responsabilités engagées pourraient être examinées ultérieurement.




