Le député et président de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), Biram Dah Abeid, estime que les discussions en cours sur le modèle de gouvernance pourraient, à terme, déboucher sur une refonte complète de la Constitution.
Dans des enregistrements audio diffusés ce jour, l’opposant a qualifié les débats autour du document préparatoire du dialogue national de « plus importants que la question des mandats présidentiels ». Selon lui, ces échanges pourraient même ouvrir la voie à un changement de régime, allant jusqu’à évoquer la possibilité d’une transition vers une monarchie.
Biram Dah Abeid accuse par ailleurs le pouvoir d’avoir « instrumentalisé » les institutions de contrôle et le système judiciaire. Il affirme que les difficultés du pays ne proviennent pas du régime présidentiel en tant que tel, mais d’un « dysfonctionnement fabriqué », caractérisé selon lui par une concentration excessive du pouvoir.
Il dénonce notamment ce qu’il qualifie de domination personnelle du système, alimentée par un entourage rapproché du chef de l’État composé de proches, de collaborateurs et de cercles d’influence.
Sur le débat relatif à la limitation des mandats, le député estime que la question ne répond pas à une exigence d’intérêt général. Il accuse les partisans d’un éventuel troisième mandat de défendre avant tout leurs intérêts personnels et leurs privilèges.
L’opposant affirme également que les attentes initiales du dialogue national portaient sur la réconciliation entre les composantes du pays, l’amélioration de la gouvernance, la lutte contre le détournement des ressources publiques et le renforcement des mécanismes de contrôle.
Il critique en outre le système électoral actuel, qu’il juge entaché de « contestations récurrentes, fraudes présumées, tensions politiques et restrictions des libertés », citant notamment des épisodes de coupures d’internet et de violences lors de scrutins.
Biram Dah Abeid précise avoir étudié en détail la nouvelle version du document cadre du dialogue, en s’appuyant sur des juristes spécialisés en droit constitutionnel afin d’en analyser la portée.
Ce document, présenté par le coordinateur du dialogue Moussa Fall, vise à relancer le processus de concertation nationale. Intitulé « guide de référence pour l’organisation du dialogue national », il propose un cadre structuré destiné à relancer les discussions suspendues depuis mars dernier.




