À mesure que se précisent les contours du dialogue national voulu par le président de la République, les obstacles semblent se multiplier au point de faire douter de sa tenue effective. Les divergences apparues autour du document de référence et des thèmes à inscrire à l’ordre du jour témoignent de l’ampleur des désaccords qui persistent entre les différentes composantes de la classe politique.
Le principal point de friction demeure la question des mandats présidentiels. Alors que plusieurs partis de la majorité tiennent à son inscription dans la feuille de route du dialogue, l’opposition continue de rejeter fermement toute discussion sur ce sujet, estimant qu’il est définitivement réglé par les dispositions constitutionnelles en vigueur.
Parallèlement, le président de la République n’a, jusqu’à présent, donné aucun signe laissant penser qu’il entend demander à sa majorité de retirer cette question des débats. Cette absence d’arbitrage contribue à entretenir le blocage et réduit les perspectives d’un consensus préalable indispensable à l’ouverture du dialogue.
À ces divergences s’ajoutent les réserves formulées par plusieurs partis de la majorité sur le contenu même du document de référence présenté par le coordinateur du dialogue, ainsi que les désaccords relatifs à certains dossiers sensibles, notamment celui du passif humanitaire. Dans ce contexte, les chances de voir les différentes parties converger vers une position commune apparaissent de plus en plus limitées.
Cette situation semble, par ailleurs, conforter la position du député et leader de l’opposition, Biram Dah Abeid, qui n’a cessé d’exprimer son scepticisme quant au sérieux et aux perspectives du dialogue initié par le chef de l’État. Depuis le lancement du processus, il a régulièrement mis en garde contre l’absence de consensus sur les objectifs du dialogue et sur les garanties nécessaires à sa réussite.
Au regard des blocages actuels, les développements récents paraissent donner du crédit à ces réserves. Entre les désaccords persistants au sein même de la majorité, le refus de l’opposition de discuter de certains sujets et l’absence de compromis sur les questions les plus sensibles, le processus peine à créer la dynamique de confiance indispensable à sa réussite.
À moins d’un changement significatif dans les positions des différents acteurs, le dialogue national pourrait avoir du mal à dépasser le stade préparatoire. Une perspective qui tend à renforcer l’idée, défendue depuis plusieurs mois par Biram Dah Abeid, selon laquelle les conditions d’un dialogue véritablement inclusif et consensuel ne sont pas encore réunies.




