C’est un geste destiné à apaiser qui a finalement plongé les institutions dans une zone de turbulence.

En accordant une grâce présidentielle aux députées Mariem Cheikh Dieng et Gamou Achour, le président de la République pensait sans doute clore un dossier devenu politiquement sensible. Mais cette décision, qui n’avait pas été demandée par les intéressées et qu’elles disent ne pas reconnaître, a produit l’effet inverse.

Le Conseil constitutionnel a ensuite estimé que les deux parlementaires pouvaient continuer à exercer leur mandat. Pourtant, leur retour à l’Assemblée nationale a provoqué une vive polémique, allant jusqu’à la suspension de la séance et au déploiement d’un important dispositif policier autour du Parlement.

Cette crise soulève une question essentielle : les conséquences juridiques et institutionnelles de cette grâce ont-elles été sérieusement évaluées avant la signature du décret ? Les conseillers du président, les juristes et les spécialistes du droit ont-ils pleinement mesuré les effets d’une telle décision ?

À vouloir régler rapidement une crise, le pouvoir en a peut-être créé une autre, plus délicate encore. Car lorsqu’un geste d’apaisement débouche sur une confrontation entre les institutions, il est permis de s’interroger sur la qualité du conseil donné au chef de l’État.

Une crise évitable, qui rappelle qu’en matière d’État, les bonnes intentions ne remplacent jamais la rigueur juridique.
Yedaly Fall

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