Les groupes et blocs parlementaires de l’opposition ont dénoncé, dans un communiqué publié mardi, la décision de la présidence de l’Assemblée nationale de suspendre temporairement les députées Mariem Cheikh et Ghamou Achour, estimant qu’elle est contraire à la décision du Conseil constitutionnel.
Selon les signataires, le fait d’infliger une sanction disciplinaire aux deux élues constitue une reconnaissance implicite de leur qualité de députées et de leur appartenance à l’Assemblée nationale.
L’opposition rappelle que les deux parlementaires avaient été empêchées d’accéder au siège du Parlement par les forces de sécurité, puis expulsées de l’hémicycle, avant de faire l’objet d’une sanction disciplinaire. Elle estime que cette situation est en contradiction avec la décision du Conseil constitutionnel, qui, selon elle, confirme leur maintien dans leurs fonctions parlementaires.
Les groupes et blocs parlementaires considèrent que cette mesure vise à priver de ses effets la décision de la haute juridiction constitutionnelle et met en cause le respect de l’État de droit, de la séparation des pouvoirs et de l’autorité des institutions.
Dans leur communiqué, ils rejettent la suspension, qu’ils qualifient d’irrégulière sur les plans juridique et politique, tiennent le pouvoir et sa majorité pour responsables de la crise institutionnelle en cours, réclament l’application immédiate de la décision du Conseil constitutionnel et demandent que les deux députées puissent exercer librement leur mandat.
Le texte appelle également les partis politiques, les organisations de défense des droits humains et les composantes de la société civile à se mobiliser pour défendre la Constitution et le respect des décisions de la justice constitutionnelle.
Le communiqué est signé par les députés du groupe parlementaire Tewassoul, du groupe parlementaire Espoir Mauritanie, du bloc parlementaire Sawab, du bloc parlementaire Vivre Ensemble, ainsi que par le député Mohamed Bouya Cheikh Mohamed Fadel.




