Réagissant à la pétition signée par 242 cadres mauritaniens réclamant notamment la reconnaissance constitutionnelle de la composante haratine et l’instauration de mesures de discrimination positive, Biram Dah Abeid reconnaît la réalité des injustices historiques subies par les Haratines tout en rejetant toute organisation de l’État fondée sur des critères communautaires.
Dans une déclaration rendue publique lundi, le leader de l’IRA estime que l’héritage de l’esclavage continue de produire des effets à travers la marginalisation, les difficultés d’accès à la terre, aux responsabilités publiques, au crédit et aux opportunités économiques. Il affirme que ces inégalités doivent être corrigées par des politiques publiques volontaristes, transparentes et ciblées.
Biram Dah Abeid souligne toutefois que la réparation des injustices ne doit pas conduire à transformer la République en un système de partage des postes et des ressources entre communautés. Selon lui, « l’État doit reconnaître les citoyens, pas distribuer des citoyens entre communautés ».
Le député considère que les politiques de discrimination positive doivent répondre à des inégalités objectivement constatées, sans pour autant institutionnaliser des quotas communautaires dans l’accès à la fonction publique, à la magistrature, aux forces armées, à la diplomatie ou aux hautes responsabilités de l’État. Il défend un système fondé sur le droit, la compétence, le mérite et la lutte contre les discriminations.
Dans sa déclaration, Biram Dah Abeid élargit également son plaidoyer à l’ensemble des injustices ayant marqué l’histoire nationale. Il rappelle le passif humanitaire subi par les négro-mauritaniens, estimant que les déportations, les violences et les exactions constituent une blessure nationale qui exige reconnaissance, justice et réparation.
Pour le leader de l’IRA, la justice sociale ne peut être limitée à une seule composante de la société. Il estime que la pauvreté, l’exclusion, le chômage et les inégalités touchent également d’autres catégories de Mauritaniens et doivent être combattus dans une approche nationale.
En conclusion, Biram Dah Abeid appelle à bâtir une Mauritanie fondée sur une citoyenneté commune, où les blessures de l’histoire seraient reconnues et réparées sans enfermer les citoyens dans leurs origines. « Ma communauté, c’est la Mauritanie », résume-t-il, en plaidant pour une République où l’égalité réelle prime sur les appartenances communautaires.




