En réaction à la conférence de presse du président Mohamed Ould Ghazouani et à la célébration des sept années de son pouvoir par le parti Insaf, Biram Dah Abeid a publié une note particulièrement critique, remettant en cause aussi bien le bilan présenté que la vision politique du chef de l’État.

L’opposant estime que le président a livré un discours d’autosatisfaction, déconnecté des réalités quotidiennes des Mauritaniens et dépourvu de perspective stratégique pour l’avenir du pays. Selon lui, les indicateurs mis en avant par le pouvoir ne reflètent ni les difficultés persistantes en matière d’emploi, de santé, d’éducation, d’accès à l’eau et à l’électricité, ni la dégradation du pouvoir d’achat, des libertés publiques, de la justice sociale et de l’égalité devant la loi.

Sur le front de la gouvernance, Biram Dah Abeid considère que la corruption demeure profondément enracinée dans les institutions et reproche au président d’en minimiser l’ampleur. Il dénonce également une pression fiscale jugée excessive, qui pèse sur les ménages et les entreprises sans amélioration tangible des services publics.

L’opposant s’interroge en outre sur les intentions du chef de l’État concernant la limitation des mandats présidentiels, regrettant qu’il n’ait pas écarté explicitement toute révision constitutionnelle susceptible de lui permettre de briguer un nouveau mandat après 2029.

La note met également en cause l’efficacité des institutions de contrôle, notamment la Cour des comptes et l’Inspection générale d’État, dont les rapports resteraient, selon lui, sans suites judiciaires ou administratives significatives. Biram Dah Abeid critique aussi le traitement du dossier de la « décennie », qu’il juge marqué par une justice sélective ayant épargné certains responsables de l’ancien régime.

Sur le plan économique, il réclame une transparence accrue dans l’attribution des marchés publics, l’identification des bénéficiaires effectifs et la prévention des conflits d’intérêts. Il estime par ailleurs que les ressources publiques n’ont pas été converties en investissements structurants capables de moderniser durablement le pays.

Concernant les politiques sociales, Biram Dah Abeid affirme que les programmes d’assistance ne sauraient se substituer à une véritable stratégie de création d’emplois, de renforcement des services publics et de promotion de l’autonomie économique.

Il déplore également l’absence de protection effective des lanceurs d’alerte, qui continueraient à faire l’objet de poursuites malgré les engagements officiels. Sur la cohésion nationale, il soutient qu’une réconciliation durable passe par la vérité, la justice et le règlement du passif humanitaire.

Enfin, Biram Dah Abeid dénonce un recul des libertés publiques, critiquant notamment la loi sur les symboles nationaux et les poursuites visant des opposants, des militants et des députés. Il reproche aussi au président d’avoir éludé plusieurs dossiers sensibles, notamment ceux de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, des députés emprisonnés et de la reconnaissance de certains partis politiques.

À travers cette note, Biram Dah Abeid oppose au bilan officiel du pouvoir une lecture radicalement différente de la situation nationale. Selon lui, derrière les chiffres avancés par l’exécutif, la Mauritanie reste confrontée à une gouvernance marquée par la corruption, l’absence de réformes structurelles, le déficit de vision stratégique et l’affaiblissement progressif des garanties démocratiques.

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