Incendies des postes électriques : l’ancien directeur général de la SOMELEC conteste les conclusions de la commission d’enquête

Sidi Salem Mohamed affirme que la commission des marchés n’avait jamais approuvé le changement de câble avant son départ de la direction de la société, le 24 juin 2025. Il appelle à clarifier les conditions de réception du matériel et à examiner d’éventuels conflits d’intérêts.

L’ancien directeur général de la SOMELEC, Sidi Salem Mohamed, conteste les responsabilités qui lui sont attribuées dans le rapport de la commission d’enquête sur les incendies ayant touché deux postes de transformation électrique à Nouakchott.

Dans un communiqué explicatif daté du 10 octobre 2026, il affirme que la commission des marchés qu’il présidait n’avait pas donné son accord au changement du câble prévu dans le contrat avant son départ de ses fonctions, le 24 juin 2025.

Selon l’ancien responsable, le plan d’urgence destiné à réhabiliter certaines lignes électriques avait été élaboré par le ministère de l’Énergie avant sa nomination à la tête de la société, intervenue le 14 août 2024. Le ministère en assurait le financement et avait confié à la SOMELEC une partie de son exécution, dans un contexte marqué, selon lui, par l’urgence des travaux.

Cinq points de désaccord avec la commission

Sidi Salem Mohamed revient sur cinq griefs qu’il estime lui avoir été imputés par la commission d’enquête. Ceux-ci concernent notamment l’absence d’études techniques préalables, les insuffisances des mécanismes de contrôle, les procédures d’attribution du marché, le changement du fabricant du câble et l’autorisation d’une mission chargée de procéder à des essais en usine.

Concernant le suivi technique des travaux, l’ancien directeur général affirme avoir sollicité, dès le début, le ministre de l’Énergie afin qu’un ingénieur soit recruté pour assurer le contrôle et le suivi du chantier. Il explique toutefois que ce recrutement a accusé plusieurs mois de retard, en raison de difficultés liées à l’augmentation du financement du plan d’urgence.

S’agissant de l’attribution du marché à la société CTM Bat, il soutient que les procédures suivies étaient conformes au Code des marchés publics.

Le changement de câble au cœur de la controverse

C’est toutefois sur la question du changement de câble que l’ancien responsable insiste particulièrement.

Il évoque une correspondance adressée à l’entreprise le 14 avril 2025, dans laquelle il affirme avoir fixé des conditions destinées à garantir la conformité des équipements aux spécifications contractuelles et à imposer la réalisation des essais nécessaires.

Selon ses explications, toute modification du câble prévu dans le contrat devait faire l’objet d’un avenant soumis à l’autorisation de la commission des marchés et signé selon les mêmes modalités que le contrat initial.

Or, affirme-t-il, au moment où il a quitté ses fonctions, la commission n’avait reçu aucune réponse aux conditions formulées et n’avait donné aucune autorisation pour le changement du câble.

Cette précision constitue l’un des principaux arguments avancés par l’ancien directeur général pour contester les responsabilités qui lui sont attribuées dans ce dossier.

Qui a réceptionné le câble et sur quels critères ?

Au-delà de sa propre défense, Sidi Salem Mohamed demande que toute la chaîne de contrôle et de réception du matériel soit examinée.

Il s’interroge notamment sur l’identité des responsables ayant réceptionné le câble, aussi bien à l’usine que sur le site d’installation, ainsi que sur les critères techniques retenus pour en vérifier la conformité.

À l’appui de ses interrogations, il rappelle que le président de la commission d’enquête a indiqué que le câble installé différait de celui prévu au contrat, tant par son origine de fabrication que par sa section.

Pour l’ancien directeur général, ces éléments appellent des éclaircissements sur les différentes étapes ayant conduit à la livraison, à la réception et à l’installation de l’équipement.

Des soupçons de conflits d’intérêts à examiner

Enfin, Sidi Salem Mohamed appelle à examiner l’éventualité de conflits d’intérêts entre les actionnaires de l’entreprise attributaire du marché et certains responsables intervenus dans la chaîne d’attribution et d’exécution du contrat.

Il précise qu’il n’entend se soustraire à aucune responsabilité qui serait établie à son encontre. Il présente sa démarche comme une contribution à la recherche de la vérité sur les défaillances ayant conduit aux incendies.

Ses déclarations ouvrent ainsi un nouveau volet dans le débat suscité par les conclusions de la commission d’enquête : celui de la répartition précise des responsabilités entre les différents intervenants, depuis la préparation du projet jusqu’à la réception et à l’installation du câble.

Les arguments avancés par l’ancien directeur général constituent, à ce stade, sa version des faits. Leur portée devra être appréciée au regard des pièces du dossier et des éléments établis par l’enquête.

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