Le député du parti Rassemblement national pour la réforme et le développement « Tewassoul », Ahmedou Ould Mbala, a vivement interpellé la ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Amal بنت مولود, l’accusant d’être incapable de résoudre les profondes crises qui frappent le secteur de l’eau en Mauritanie.
Lors d’une séance de questionnement parlementaire tenue ce jeudi, l’élu a appelé la ministre à « faire preuve de courage politique » en reconnaissant publiquement que les dysfonctionnements de son département sont structurels et dépassent les simples solutions administratives.
Selon lui, le ministère n’a ni réussi à corriger les déséquilibres existants ni démontré une réelle volonté politique pour engager des réformes efficaces. Ahmedou Ould Mbala a également dénoncé un chevauchement des compétences au sein du secteur, estimant que l’organe de régulation chargé du contrôle reste pratiquement paralysé malgré des prérogatives clairement définies par la loi.
Le parlementaire a affirmé que « tous les Mauritaniens s’accordent sur une réalité : le pays souffre de la soif », ajoutant que même les députés de la majorité, lorsqu’ils tentent de défendre l’action gouvernementale, finissent par évoquer les difficultés d’accès à l’eau dans leurs propres régions.
S’interrogeant sur la persistance de la crise malgré l’abondance des ressources hydriques, il a indiqué que près de 50 % des réserves disponibles demeurent inexploitées, selon les chiffres officiels. Le reste, a-t-il expliqué, transite à travers un réseau vétuste qui engendre d’importantes pertes techniques et financières, alors que les coûts sont répercutés sur les citoyens.
Ahmedou Ould Mbala a révélé que la société nationale des eaux aurait enregistré en 2025 un excédent financier estimé à 2,4 milliards d’anciennes ouguiyas, sans amélioration notable des services fournis à la population.
Il a également pointé du doigt le budget du secteur de l’eau, évalué à 74 milliards d’ouguiyas, jugeant incompréhensible que les citoyens continuent à subir des pénuries alors que les factures connaissent des hausses importantes. Il a notamment dénoncé une augmentation de 16 % appliquée aux consommateurs dépassant huit tonnes d’eau.
Le député a qualifié cette mesure d’« inédite dans les pays voisins », critiquant le contraste entre les discours officiels sur la modernisation de Nouakchott et la réalité quotidienne vécue dans plusieurs quartiers périphériques de la capitale, où les habitants continuent de manquer d’eau potable.
Dans le même contexte, il a souligné que le prix du baril d’eau de 200 litres est passé de 500 à 1000 anciennes ouguiyas, soit une hausse de 100 %, dénonçant les déclarations officielles affirmant que la crise de l’eau aurait été résolue.
Enfin, Ahmedou Ould Mbala est revenu sur le dossier de cent villages de la vallée du fleuve, autrefois alimentés par le réseau public d’eau avant l’abandon du projet, obligeant certaines localités à retourner à l’utilisation directe de l’eau du fleuve.




