L’Assemblée nationale a été secouée mardi par une intervention aussi virulente que poignante du député Isselkou Bahah, qui a directement mis en cause le ministre de l’Équipement et des Transports, présent dans la salle, dans les drames routiers survenus ces derniers jours.
Prenant la parole en séance plénière, le député n’a pas mâché ses mots. Il a accusé le ministre d’indifférence totale face à la tragédie nationale que représentent les accidents de la circulation, et l’a tenu pour personnellement responsable des pertes humaines récentes.
« Vous avez sur la conscience la mort de ces hommes et femmes. Cette famille de cinq personnes, calcinée dans sa voiture, pendant que votre département restait immobile, sans secours, sans compassion », a-t-il lancé, visiblement ému mais déterminé.
Isselkou Bahah a fustigé un ministre plus préoccupé, selon lui, par les marchés publics et les appels d’offres que par les drames humains. Il a dénoncé l’absence de réaction officielle, soulignant que le ministre ne s’est même pas déplacé pour présenter ses condoléances aux familles endeuillées. « Ce n’est pas un événement pour vous. Vous ne voyez pas ces morts. Mais les Mauritaniens, eux, meurent chaque jour sur des routes que votre département a abandonnées », a-t-il martelé.
Le député est allé plus loin, dénonçant l’absence de visites techniques, le laxisme des contrôles, et une corruption endémique, filmée et exposée publiquement, mais jamais sanctionnée. Il a pointé du doigt un ministère au budget de 62 milliards d’ouguiyas, incapable pourtant, selon lui, de combler les nids-de-poule qui pullulent sur les routes nationales.
« Quelles sanctions avez-vous prises contre les contrevenants ? Aucune. Vous êtes le seul et unique responsable de ces morts. Le sang des victimes est sur vos mains », a-t-il conclu, sous les regards graves des autres parlementaires.
Une intervention choc, qui fait écho à la colère d’une population excédée par les accidents à répétition, les routes dégradées, et le sentiment d’abandon face à des tragédies évitables.




