Le député et militant des droits humains Biram Dah Abeid tire la sonnette d’alarme : selon lui, la persistance du gouvernement à tromper le peuple, piller les ressources nationales et laisser prospérer la corruption pourrait mener à la disparition pure et simple de l’État mauritanien.

Dans une déclaration audio diffusée récemment, il a vivement critiqué l’exécutif, accusant ses responsables de perpétuer une politique de manipulation à l’égard des citoyens. Il a notamment dénoncé ce qu’il qualifie de concessions scandaleuses, évoquant la cession des zones maritimes à la Turquie, ainsi que l’exploitation de l’or par des compagnies canadiennes et d’autres acteurs étrangers.

Il a également exprimé de fortes réserves sur la gestion des milliards alloués au programme Taazour, censé lutter contre la pauvreté dans des régions comme Nouadhibou, Rosso, Kiffa, les deux Hodh, l’Assaba et la capitale Nouakchott, exigeant des explications sur l’impact réel de ces dépenses.

Biram a en outre remis en cause la sincérité du dialogue politique actuellement en préparation, estimant qu’il s’agit d’une nouvelle manœuvre dilatoire. Il a rappelé les tentatives passées — dialogues sous Yahya Ould Waghf, ou rencontres avec des figures de l’opposition comme Ahmed Ould Daddah et Mohamed Ould Maouloud — qu’il considère comme des échecs politiques sans suite concrète.

Le député a également fustigé ce qu’il appelle « le grand mensonge » autour de la légalisation de son parti, le RAG, qu’il estime avoir été instrumentalisée à des fins politiques. Ce qu’il qualifie de trahison aurait scellé, selon lui, la rupture définitive entre lui et le régime.

En réponse à ces attaques, le porte-parole du gouvernement, HousseinOuld Meddou, a rejeté les accusations. Lors de la conférence de presse hebdomadaire du gouvernement, il a affirmé que l’unité nationale, la sécurité et la cohésion sociale de la Mauritanie étaient plus solides que les discours mensongers ou les rumeurs diffusées localement ou à l’étranger. Il a également rappelé que la Mauritanie est un État de droit où nul n’est au-dessus des lois, en particulier lorsqu’il s’agit de propos susceptibles de nuire à la stabilité du pays ou à son unité.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *