Le député et président du mouvement IRA, Biram Dah Abeid, a vivement réagi au récent remaniement ministériel, le qualifiant de “déclaration de guerre politique” à son encontre et à l’encontre de son projet. Il estime que le pouvoir cherche à l’affaiblir et à l’écarter de la scène politique, mais affirme que cette stratégie n’aboutira pas.
Lors d’une conférence de presse tenue vendredi soir dans la capitale, l’opposant a accusé le régime d’avoir nommé plusieurs personnalités dans le but de freiner sa progression politique. Il évoque des actions ciblées comme la restriction de la couverture médiatique, la campagne de dénigrement, l’interdiction d’activités publiques de son mouvement, ainsi que le refus de reconnaissance légale du parti qu’il tente de créer. Selon lui, l’État finance des structures et des figures publiques pour “faire taire l’opposition sérieuse”.
Revenant sur les discussions politiques en cours, Biram Dah Abeid a dénoncé ce qu’il considère comme une tentative déguisée de faire passer une troisième candidature du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, ou de mettre en place une élection verrouillée afin de désigner un successeur issu du même système. Il affirme que le peuple mauritanien, tout comme l’armée, ne tolérera pas une telle manœuvre. Il prévient que toute tentative de prolongation du mandat présidentiel “ne passera pas tant qu’il sera actif sur la scène politique”.
Concernant la représentativité des différentes composantes sociales dans le gouvernement, Biram a relativisé l’importance de la diversité ethnique ou communautaire, affirmant que seule la compétence doit prévaloir. Il a déclaré qu’il serait prêt à former un gouvernement issu d’une seule communauté ou d’une seule tribu si celle-ci dispose des qualifications requises.
Le leader d’IRA a également dénoncé ce qu’il a qualifié de “répression brutale” contre ses partisans, qui ont tenté de l’accueillir à son retour à Nouakchott. Il a fait état d’arrestations, de violences policières, et d’intimidations, citant notamment l’interpellation de l’activiste Youssouf Kamara. Selon lui, le simple fait d’accueillir une figure de l’opposition est désormais traité comme un délit.
Enfin, il a critiqué la gestion sécuritaire du pays, évoquant le sort des conducteurs de motos, des chercheurs d’or, et des Mauritaniens vivant dans les pays voisins, qu’il estime ignorés ou marginalisés par les autorités. Pour lui, cela traduit une gouvernance déconnectée des préoccupations réelles des citoyens, dominée par “une obsession sécuritaire et politique”.




