En évoquant « l’épuisement » qui frappe toute gouvernance et en appelant à remplacer l’équipe actuelle, l’ancien ministre adresse un message qui dépasse largement la simple réflexion sur les remaniements.

Il y a des publications Facebook qui ressemblent à de simples réflexions. Et puis il y a celles qui, derrière les mots, portent un message politique difficile à ignorer.

La dernière sortie de l’ancien ministre Mohamed Ould Moine appartient clairement à la seconde catégorie.

Dans un texte consacré à ce qu’il appelle « la maladie inévitable de toute gouvernance : l’usure », il décrit un pouvoir qui, avec le temps, s’essouffle, perd son attractivité et peine à garder la main sur le cours des événements.

Pour lui, cette usure conduit progressivement à la lassitude et au désenchantement. Le gouvernement finit alors par ne plus maîtriser les événements et se retrouve, selon son expression, « ballotté par les vagues de la politique ».

Son remède ? Le renouvellement.

Changer les ministres, introduire de nouveaux visages, faire émerger des personnalités encore peu connues : autant de moyens, estime-t-il, de redonner au pouvoir une nouvelle capacité d’adhésion.

Et Mohamed Ould Moine prend soin de dédramatiser la question des départs ministériels. Un ministre n’est pas propriétaire de son poste. Son remplacement ne constitue donc pas nécessairement une sanction personnelle, mais relève d’un choix politique dicté par les circonstances. La nomination elle-même étant, rappelle-t-il, une faveur politique et non un droit acquis.

Mais c’est sa conclusion qui donne à son propos toute sa portée.
« Ce gouvernement est épuisé, usé. Il faut le remplacer par un autre, davantage capable de susciter l’adhésion. »

Difficile d’être plus clair.

Derrière la théorie sur « l’usure du pouvoir », c’est donc bien le gouvernement actuel qui semble être visé. Après plusieurs années aux affaires, l’équipe gouvernementale serait-elle arrivée au bout de son cycle politique ?

La question mérite d’être posée.

Car changer quelques ministres pour donner l’impression d’un renouvellement ou procéder à un véritable changement d’équipe ne produit pas le même effet. Le premier peut relever du simple réaménagement. Le second traduit une volonté de tourner une page et de relancer une gouvernance qui montre des signes d’essoufflement.

La sortie de Mohamed Ould Moine intervient ainsi dans un contexte où les critiques se multiplient sur les difficultés du quotidien : électricité, eau, services publics, infrastructures et capacité de l’État à répondre aux attentes croissantes des citoyens.

Son message pourrait donc se résumer en une question : le pouvoir a-t-il besoin d’un simple remaniement ou d’un véritable nouveau souffle ?
À en croire l’ancien ministre, la réponse semble déjà tranchée : ce gouvernement a fait son temps.

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