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Politique générale : Mokhtar Ould Djay chiffre son bilan, les délais restent flous

Politique générale : Mokhtar Ould Djay chiffre son bilan, les délais restent flous

Devant l’Assemblée nationale, le 7 novembre 2026, le Premier ministre Mokhtar Ould Djay a défendu le bilan de son gouvernement et fixé trois priorités : protéger le pouvoir d’achat, stimuler l’activité dans les wilayas de l’intérieur et préparer une vision nationale à l’horizon 2060. Le discours reconnaît plusieurs difficultés concrètes. Il reste moins précis sur le coût des réponses, leur calendrier et les résultats que les députés pourront vérifier dès 2027.

Un bilan qui mesure mieux les réalisations que leurs effets

Mokhtar Ould Djay a fait état de près de 7 600 salles de classe construites depuis 2019, de 784 kilomètres de routes nouvelles et de plus de 1,4 million de personnes couvertes par l’assurance maladie en 2026, contre 496 000 en 2019. Ces chiffres donnent la mesure de l’effort engagé. Ils renseignent moins sur l’expérience des usagers. Combien de nouvelles classes disposent des enseignants nécessaires ? Dans quelles wilayas l’élargissement de la couverture maladie permet-il effectivement de se soigner près de chez soi ? La qualité du bilan dépend aussi de ces réponses.

SOMELEC : quelles suites au rapport d’enquête ?

Après les incendies des postes de transformation de Nouakchott-Nord et de Nouakchott-Ouest, la commission d’enquête indépendante a rendu son rapport public le 8 octobre 2026. Le même jour, le Premier ministre a donné instruction d’engager la mise en œuvre des recommandations et d’élaborer un plan d’action. Devant les députés, un mois plus tard, il a reconnu des dysfonctionnements structurels et s’est engagé à y remédier. La déclaration aurait gagné à dresser un premier état d’avancement. Quelles mesures de prévention ont déjà été appliquées ? Où en est la réhabilitation des deux postes ? Quels délais le gouvernement fixe-t-il pour sécuriser le réseau et améliorer la continuité du service ?

Vie chère : les ménages attendent les modalités

Le plafonnement du prix de la viande, la révision du mécanisme de fixation des prix des hydrocarbures et la prise en charge temporaire d’une partie des factures d’eau et d’électricité des ménages à faible revenu visent des dépenses qui pèsent directement sur le budget familial. Le Premier ministre évoque également des revalorisations salariales et des pensions ou des aides ponctuelles. Pour juger de la portée de ces annonces, il faudra connaître les montants, les critères d’accès et la durée du soutien. Pour les ménages qui vivent de revenus informels, la question est très concrète : à quelles aides pourront-ils prétendre et comment y accéder ?

Le gouvernement se prépare à une crise qui pourrait se prolonger jusqu’au milieu de 2027. Dans cette hypothèse, le coût des mesures et leur financement méritent d’être exposés dès maintenant. Quant au plafonnement du prix de la viande, son efficacité se vérifiera au marché, à la fois dans le prix réellement payé et dans la disponibilité du produit.

Dans les wilayas de l’intérieur, l’emploi sera le test

Le discours pose une question juste : comment faire en sorte que le départ vers Nouakchott cesse d’être un passage obligé pour étudier, se soigner ou trouver du travail ? Le soutien à l’agriculture et à l’élevage, l’allègement des contraintes de garantie bancaire pour les éleveurs et la création annoncée d’un fonds pour le développement local donnent des pistes. Il reste à préciser quels projets démarreront en premier, comment les ressources seront réparties entre les wilayas et combien d’emplois le gouvernement espère créer. Une route ou un aménagement hydraulique peut ouvrir des débouchés. Encore faut-il pouvoir mesurer l’activité qui se développe autour de ces investissements.

Vision 2060 et dialogue national, deux chantiers distincts

La vision 2060 part d’un constat pertinent du Premier ministre : les changements d’équipe font parfois perdre à l’État des études, de l’expérience et du temps. Un plan de long terme peut donner davantage de continuité à l’action publique, à condition d’en fixer les premières étapes, les financements et les modalités d’évaluation. La réforme annoncée des promotions dans l’administration mérite la même attention. Sa portée dépendra des postes soumis aux critères professionnels et de la façon dont leur application sera contrôlée.

Sur le plan politique, le texte ouvre une réflexion sur l’adaptation des institutions et renvoie cette question au dialogue national. Il n’annonce aucune révision constitutionnelle précise. À ce stade, les questions portent sur le périmètre du dialogue, les conditions de participation et les suites qui seront données à ses conclusions.

Janvier, premier rendez-vous de vérification

Mokhtar Ould Djay a annoncé qu’il reviendrait devant les députés en janvier 2027 pour détailler une partie des mesures. Ce rendez-vous doit permettre de répondre à trois questions simples. Quelles décisions sont déjà entrées en vigueur ? Quels crédits leur sont affectés ? Quand leurs premiers résultats seront-ils rendus publics ? C’est sur ces réponses que les députés pourront juger de l’exécution du programme, et les citoyens de ses effets sur leur quotidien.

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