Hier soir, le Premier ministre Ousmane Sonko a marqué les esprits lors de la cérémonie d’installation du Conseil national de Pastef, organisée au King Fahd Palace. Dans un discours au ton ferme, il n’a épargné personne : ni son propre gouvernement, ni la société civile, ni même le président de la République.
S’adressant à une salle pleine, Sonko a dénoncé les compromissions, les dérives, et ce qu’il a qualifié de “trahisons silencieuses”. En ligne de mire : les élites, les institutions, mais aussi certains acteurs civils jugés trop passifs ou complaisants. Son message : la rupture doit être totale, même avec les siens s’ils s’écartent de la ligne.
Le discours, rapidement relayé sur les réseaux sociaux, a déclenché une vague de réactions parmi les soutiens de Pastef. Abass Fall, figure du parti, a salué “la loyauté d’un homme qui a tout donné à son pays”, ajoutant : “Tambali thi moom, yam thi moom! Rien ne se fera sans toi!”
Pape Alé Niang, de son côté, a lancé une mise en garde à la société civile : “Que chacun prenne pleinement ses responsabilités et les assume.” Une manière d’appuyer les critiques de Sonko tout en appelant à plus de courage public.
Même son de cloche chez le député Guy Marius Sagna, qui a martelé : “Trahison : nous ferons face. Embourgeoisement : nous ferons face. Conspiration : nous ferons face. Soit nous respectons nos engagements, soit nous respectons nos engagements.” Une formule répétée avec insistance, comme un serment de fidélité à la ligne dure.
À la RTS, le directeur général Waly Diouf Bodiang s’est fendu d’un message plus institutionnel mais tout aussi engagé : “Le devoir de servir, l’obligation de redresser.” Il a par ailleurs salué un “Premier ministre très fort”, symbole selon lui d’un redressement “en marche”.
Entre déclarations tranchantes et démonstration de force politique, Ousmane Sonko semble avoir voulu reprendre la main. Un signal clair : son agenda reste inchangé, son autorité intacte, et ses adversaires — même internes — sont désormais prévenus.



