En visite officielle en Mauritanie, le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme des migrants, Jihad Moughazi, a tiré la sonnette d’alarme sur les conditions de vie et de traitement des migrants dans le pays. Il s’inquiète notamment des expulsions massives, des détentions arbitraires et des violations persistantes des droits fondamentaux.

Invité par le gouvernement mauritanien, l’expert onusien a effectué une mission du 2 au 12 septembre, durant laquelle il a rencontré des représentants des autorités, de la Commission nationale des droits de l’homme, de la société civile, des organisations internationales, ainsi que des migrants eux-mêmes. Objectif : évaluer les politiques migratoires et d’asile en Mauritanie, et mesurer leur impact sur les droits humains.

Au cours de sa visite, Moughazi s’est rendu dans plusieurs centres de transit et de rétention à Nouakchott et Nouadhibou. Il a également observé des opérations d’expulsion menées par les autorités mauritaniennes entre le 7 et le 13 septembre, au cours desquelles plus de 339 migrants ont été renvoyés hors du territoire.

Selon le rapporteur, ces expulsions se sont déroulées sans le respect suffisant des garanties juridiques et humanitaires, en contradiction avec les obligations internationales de la Mauritanie en matière de droits humains.

Il a aussi mené des entretiens avec des migrants de différentes nationalités, dont des demandeurs d’asile, des personnes détenues, ainsi que des victimes de la traite des êtres humains. Les témoignages font état de mauvais traitements, de conditions de détention préoccupantes, et de violences spécifiques envers les femmes et les filles migrantes.

La Mauritanie a certes adopté en 2020 une loi contre la traite des personnes (loi n° 2020-017), mais selon Moughazi, sa mise en œuvre reste insuffisante. Il note un manque de protection effective, notamment pour les personnes les plus vulnérables.

Un rapport complet sera publié dans les mois à venir, avec des recommandations précises adressées aux autorités mauritaniennes. L’ONU appelle d’ores et déjà à une réforme en profondeur des pratiques migratoires, afin de garantir le respect des droits fondamentaux de toutes les personnes migrantes sur le sol mauritanien.

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