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Déclaration de politique générale en Mauritanie : le député Isselkou Ould Baha appelle l’opposition à boycotter le débat

Déclaration de politique générale en Mauritanie : le député Isselkou Ould Baha appelle l’opposition à boycotter le débat

Le député Isselkou Ould Baha appelle ses collègues de l’opposition à boycotter le débat sur la déclaration de politique générale du gouvernement. Il reproche à la Conférence des présidents d’avoir refusé d’accorder trois minutes de parole à chaque député et voit dans cette décision un signe de l’affaiblissement de l’Assemblée nationale.

Dans une tribune, l’élu rappelle que la déclaration porte sur l’action d’un gouvernement qui compte plus de trente départements ministériels. À ses yeux, la demi-minute supplémentaire réclamée par les députés de l’opposition constituait une demande modeste au regard des sujets à examiner. Il juge ce refus d’autant plus préoccupant qu’il intervient à l’approche du dialogue politique, alors que les libertés publiques et l’État de droit figurent parmi les thèmes évoqués.

La chaîne parlementaire, premier motif d’alerte

Pour expliquer sa critique, Isselkou Ould Baha revient sur un entretien qu’il dit avoir eu avec le président de l’Assemblée nationale, Mohamed Bemba Meguett, un mois après son entrée au Parlement. Il lui avait alors demandé de préserver la chaîne parlementaire, lancée sous la présidence de Cheikh Ould Baya, de développer ses programmes et d’élargir sa liberté éditoriale.

Selon le député, le président de l’Assemblée avait évoqué le coût de la télévision et les difficultés budgétaires, tout en se montrant disposé à examiner la question. L’élu affirme que la plupart des émissions qu’il jugeait importantes ont depuis été supprimées et que la chaîne se limite désormais pour l’essentiel à la retransmission des séances, avec des moyens techniques qu’il estime vétustes.

Des incidents qui mettent en cause l’autonomie du Parlement

Le député cite aussi le vote des élus d’El Insaf et de la majorité en faveur de la levée de l’immunité d’un de leurs collègues. Il présente cette décision comme une première dans l’histoire du Parlement mauritanien depuis plus de trente ans.

Il revient ensuite sur les événements du 14 juillet. Selon son récit, des éléments de la Garde nationale postés à l’entrée ouest de l’Assemblée ont empêché deux députées d’accéder au bâtiment. L’élu affirme qu’elles bénéficiaient encore de leur immunité parlementaire et qu’aucun jugement définitif n’avait alors été rendu à leur encontre. Interrogé par des députés de l’opposition, Mohamed Bemba Meguett leur aurait répondu qu’il ignorait ce qui s’était passé et que les militaires ne relevaient pas de son autorité.

À l’aube du vendredi suivant, poursuit le député, des militaires sont entrés dans les bureaux parlementaires pour en déloger de force les deux élues. Isselkou Ould Baha dénonce une interprétation abusive du règlement intérieur de l’Assemblée.

De la réduction du temps de parole à l’intervention de la Garde nationale, le député voit dans cette succession d’épisodes le signe d’une dépendance croissante du pouvoir législatif à l’égard de l’exécutif. Il estime qu’en boycottant la séance, les élus de l’opposition exprimeraient plus clairement leur désaccord avec les conditions du débat.

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